|
19.06.2008 ONU:
interdiction de critiquer la charia
Le droit de critiquer la charia (loi musulmane) et le sort des femmes
dans les pays qui l'appliquent a été l'occasion d'une vive
escarmouche entre pays musulmans et occidentaux devant le Conseil des
droits de l'homme de l'ONU réuni à Genève.
La passe d'armes s'est conclue lundi soir par une déclaration
du président du Conseil, l'ambassadeur roumain Doru Romulus Costea,
qui a intimé l'ordre au représentant de deux ONG de s'abtenir
de tout jugement de valeur sur une croyance ou une loi religieuse.
Les foudres de l'Egypte, du Pakistan et de l'Iran s'étaient auparavant
abattues sur un orateur lisant une déclaration conjointe des ONG
Association for World Education (AWE) et International Humanist and Ethical
Union (IHEU) qui dénonçait la lapidation des femmes adultères
et le mariage des filles dès l'âge de 9 ans, pratiqués
dans les pays "qui appliquent la charia".
L'orateur des ONG, M. David Littman, a été interrompu par
plus d'une quinzaine d'interventions furibondes et le débat a dû
être suspendu pendant plus d'une demi-heure.
"L'Islam ne sera pas crucifié devant ce Conseil", a
vitupéré le représentant de l'Egypte Amr Roshdy en
menaçant de demander un vote du Conseil des droits de l'homme pour
faire taire le trublion accusé d'islamophobie.
Le président Costea a alors suspendu la séance. A la reprise,
M. Costea a assuré que le Conseil des droits de l'homme "n'est
pas préparé à discuter à fond des questions
religieuses: en conséquence, nous ne devons pas le faire".
"Je promets que la prochaine fois que l'orateur émettra un
jugement de valeur sur une croyance religieuse, loi ou document (religieux),
je l'interromprai et donnerai la parole à l'orateur suivant",
a prévenu le président du Conseil des droits de l'homme.
Pourtant, "le Conseil des droits de l'homme est tout à fait
qualifié pour évoquer la liberté de religion et de
conviction", estime-t-on mardi dans les milieux diplomatiques européens
un peu interloqués.
Le temps de parole des ONG devant le Conseil est déjà réduit
à la portion congrue et "il convient de ne pas limiter davantage
leur expression tant qu'elles n'appellent pas à la haine raciale
et religieuse", a confié un diplomate européen à
l'AFP.
Sources :
AFP
Le Figaro 17.06.2008 http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2008/06/17/01011-20080617FILWWW00427-la-charia-en-question-a-l-onu.php
|