Les autorités de la ville bernoise de Thoune ont décidé
de modifier leur règlement de manière à pouvoir aménager
un espace musulman (carré confessionnel) dans le cimetière.
Une décision analogue s'était faite dans le même canton
dans la ville de Berne en 1997, le carré musulman ayant
été inauguré en 2000.
Contrairement à ce que prétend la presse, la problématique
n'est pas vraiment d'enterrer les morts la tête tournée
vers la Meccque, mais la volonté de tenir les cadavres musulmans
à l'écart de ceux non-musulmans afin d'éviter qu'ils ne
soient "contaminés par les corps impurs des mécréants",
la volonté est donc là très clairement ségrégationniste.
C’est au prix de grands efforts que la Suisse, comme la
plupart des pays européens a su mettre fin à certaines querelles
interconfessionnelles (notamment entre protestants et catholiques)
en instituant des cimetières gérés par les collectivités
publiques dans lesquels chacun pourrait être enterré quelle
que soit sa confession. Cette conception qui aujourd’hui
est bien acceptée se heurte à présent aux revendications
musulmanes qui pourraient bien sonner le glas de la paix
confessionnelle en réveillant les revendications des autres
communautés (leur refuser ce qu'on accepterait pour les
musulmans relevant alors de la discrimination).
Les revendications sur l'enterrement selon le rite islamique
peuvent aller loin : demande que le défunt soit enterré
séance tenante (contraire au délai d'attente légal), concession
perpétuelle (problématique quand aux conséquences sur l'aménagement
du territoire et aux revendications réciproques), refus
d'enterrer un musulman renégat ou non-pratiquant dans les
carrés confessionnels, refus de l'incinération (ce qui permit
de passer outre les dernières volontés de défunts de confession
musulmane, ce qui revenait à déroger au droit suisse en
faveur de la charia (il y eut notamment un cas dans le canton
de Genève et un autre dans le canton de Vaud).
Outre ces aspects de la problématique, le carré confessionnel
peut sans conteste être vu comme une enclave islamique (dar
al-islam) en terre occidentale (dar al-harab). Cette conception
exclut très clairement que le cimetière ne soit désaffecté,
ce qui serait considéré comme une agression des "mécréants"
contre une terre d'islam et justifierait sans conteste le
jihad à l'encontre de ceux qui oeuvreraient à cette désaffectation.
Source : 20 Minutes, 24.04.2009 http://www.20min.ch/ro/news/suisse/story/11738220
;Voir aussi Vérités sur l'islam p 21