STOCKHOLM - Des groupuscules d'islamistes radicaux ont la mainmise
sur un quartier difficile de Malmö, théâtre en
décembre de violents affrontements entre jeunes d'origine
immigrée et policiers, dénonce un rapport remis mercredi
au gouvernement suédois.
A Rosengaard, où vivent près de 22.000 personnes
dont 86% sont nées ou ont des parents nés à
l'étranger, des fondamentalistes contrôlent le comportement
des familles et fixent les règles du quartier, selon les
auteurs, Magnus Ranstorp et Josefine Dos Santos, spécialistes
du terrorisme à l'Ecole de défense nationale.
"Des familles qui viennent de s'installer et qui n'ont jamais
été particulièrement religieuses ou traditionnelles
admettent qu'elles vivaient plus librement dans leur pays d'origine",
écrivent-ils.
Les femmes qui ne portaient pas le voile dans leur pays d'origine
sont par exemple contraintes de le revêtir, selon l'enquête
menée dans la troisième ville suédoise, située
dans le sud du pays.
Les auteurs pointent l'influence des "mosquées des
caves", non affiliées à l'islam officiel, dont
les membres ultraradicaux, une minorité dans le quartier,
font office de "contrôleurs de l'opinion".
Intitulé "Menace contre la démocratie et les
valeurs - scènes de la vie à Malmö", le
rapport d'une trentaine de pages se fonde sur des entretiens avec
30 personnes: policiers, membres des services secrets, enseignants,
membres des services sociaux et animateurs.
Tous, sauf un, ont dit avoir observé une radicalisation
du quartier, qui se traduit notamment par des mariages à
l'étranger de jeunes adolescentes, selon le rapport.
Celui-ci décrit également le mécanisme qui
affecte Rosengaard, dont le taux de chômage s'élève
à 38% et dont les habitants qui trouvent du travail partent
le plus souvent. Le nombre d'élèves de l'école
publique du quartier a été divisé par deux
ces dernières années, du fait du développement
d'écoles confessionnelles sous contrat.
"Que des groupes fondamentalistes à Rosengaard organisent
des mariages d'enfants, créent des problèmes aux femmes
qui ne portent pas le voile et conduisent les jeunes à s'isoler
de la société est complètement inacceptable",
a réagi la ministre de l'Intégration Nyamko Sabuni.
"Les lois, les droits et l'égalité homme-femme
valent pour tous, même ceux qui habitent à Rosengaard",
a-t-elle ajouté.
Les affrontements de décembre, qui avaient soulevé
la question de l'intégration en Suède, avaient éclaté
après la fermeture d'un centre culturel musulman, que le
propriétaire du bâtiment désirait récupérer
pour un autre usage.
La police avait expulsé un groupe de jeunes qui avaient
investi les locaux et deux nuits d'affrontements s'en étaient
suivies.
Source : http://www.romandie.com/infos/news2/090128175331.ykolas9v.asp