Le MOSCI avait envoyé un message à
la grande majorité des Conseillers communaux
de la ville. Il est fort probable que le résultat
de ce vote serré à bulletins secrets soit
dû à l'action du MOSCI contre ce financement
dont il a relevé qu'il aurait été
illégal et qu'il revenait à se conformer
à la charia (car il aurait constitué une
subvention ne reposant sur aucune base légale).
Les propos du président de la Fondation
islamique dont émane la demande révèlent
la logique dans laquelle ceux-ci se placent: celle de
la dhimmitude où la ville de Vevey est réduite
à cracher de l'argent (djizia) au profit de l'Islam
en restant en accord avec la charia et sans pouvoir
légitimement s'y dérober.
En effet, plutôt que d'accepter le fait que sa
demande de subvention ait été refusée,
la Fondation islamique crie à l' "islamophobie".
Le pire, c'est que certains ont vraiment intériorisé
cet esprit de dhimmie, tel Stéphane Molliat qui
affirme au sujet d'un éventuel refus que "nous
ne pouvons pas nous le permettre à l'égard
des musulmans de la ville qui représentent 10%
de la population et sont parfaitement intégrés"
(sic).
Le MOSCI ne semble néanmoins pas être
au bout de ses peines, la Municipalité envisageant
éventuellement une autre proposition, tout aussi
illégale.
Il semblerait que la section veveysanne du PS ait été
en partie formatée par l'activiste islamique
Driss Semlali qui en est membre, d'autres .
«Nous sommes très déçus
que les élus veveysans, mal à leur aise
ou ayant peut-être peur de l’islam, n’aient
pas souhaité se pencher sur notre demande de
prêt», regrette Grégory Stergiou,
président de la Fondation islamique du district
de la Riviera. Jeudi soir, à une courte majorité
exprimée par un vote à bulletin secret,
le Conseil communal de Vevey a refusé d’entrer
en matière sur la proposition municipale relayant
la demande des musulmans: accorder un prêt sans
intérêt de 2 millions de francs, la loi
islamique n’autorisant pas l’usure (lire
ci-contre), pour des rénovations urgentes de
la mosquée de Vevey. Les Verts, Vevey Libre (VL),
le PLR, l’UDC et le PDC ont fait front commun
pour ne pas entrer en matière. Au grand dam des
socialistes et d’Alternatives.
«Préavis mal conçu»
Selon Grégory Stergiou, de nombreux élus
«se sont cachés derrière un préavis
soi-disant mal fait, mais c’est surtout parce
qu’ils n’ont pas eu le courage de nous dire
non». Une façon habile de refuser le débat
de fond sans en subir les conséquences politiques?
Les contradicteurs ont surtout invoqué la malfacture
du préavis municipal. «Ce texte est mal
conçu. Il ouvre la polémique. Le projet
risque d’être refusé. Nous ne pouvons
pas nous le permettre à l’égard
des musulmans de la ville, qui représentent 10%
de la population et sont parfaitement intégrés»,
estimait Stéphane Molliat (VL) à l’heure
du vote. De fait, la communauté islamique travaille
depuis vingt?ans main dans la main avec les Municipalités
successives. Elle est notamment à l’origine
de la création de la Fête multiculturelle,
qui se déroule aujourd’hui même à
Vevey.
L’UDC ne s’est pas dérobée.
«Il n’y a pas de raison à ce que
la ville fasse office de banque et, surtout, applique
un principe de financement différent de ce qui
est applicable et acceptable en Suisse», déclarait
son président, Bastien Schobinger. Le PLR Jacques
Décosterd est allé plus loin: «La
communauté musulmane ne veut pas déroger
au principe du prêt sans intérêt.
Nous ne voulons pas déroger aux nôtres.
En outre, le risque de précédent est trop
fort. Ce sera la porte ouverte à n’importe
quelle demande.»
De fait, le projet municipal a gêné beaucoup
d’élus. Il évoque diverses contre-prestations
proposées par la fondation, non chiffrées
(mise à disposition de traducteurs ou prêt
de locaux, notamment) et pour la plupart inchiffrables
(visite de la mosquée, accueil des écoles).
Or, les conseillers souhaitaient savoir comment la Fondation
islamique pourrait pallier le manque à gagner
de la commune au non-paiement des intérêts
(entre 50?000 et 60?000 francs par an). Le comité
de la Fondation islamique s’était engagé
à «fournir des prestations à hauteur
du coût du prêt». Pas suffisant pour
les élus: «Il n’y a pas assez d’informations
et des manquements», selon Clément Tolusso
(Verts).
Nouvelles propositions
Le projet rejeté, l’exécutif doit
en concocter un autre. «Ce sera le cas, assure
la municipale Madeleine Burnier. Je ne peux en revanche
pas vous dire avec quelles propositions.» Président
du Conseil communal, Vladimir D’Angelo (PLR) en
a une: «La ville pourrait racheter le bâtiment
qui abrite la mosquée, l’entretenir et
le louer à la fondation. Plus de prêt,
pas de problème d’intérêts,
et le tour est joué!»
Un peu dépité, Grégory Stergiou
se prépare déjà à «devoir
trouver l’argent ailleurs». Le président
de la fondation aurait préféré
qu’il vienne de la ville plutôt que d’une
main étrangère qui pourrait hypothéquer
l’indépendance des musulmans.
Source:
24 Heures, 24.06.2011,