Les autorités de la commune valaisane de
Savièse cèdent devant les pressions des
islamistes et refusent de louer la halle des fêtes
pour accueillir l'élu néérlandais
auteur du film "fitna", Geert Wilders.
Celui-ci avait été invité
par Oskar Freysinger à s'y rendre le 11 juin
prochain. L'évènement devrait malgré
tout avoir lieu dans une autre salle.
Les autorités de Savièse ont estimé,
après «une évaluation des risques»,
que la venue de Geert Wilders le 11 juin dans leur commune
représentait un trop grand danger. Elles l'ont
annoncé, jeudi 26 mai en début d'après-midi,
après avoir reçu hier une demande officielle
d'une association islamiste à manifester à
Savièse le même jour, indique la radio
Rhône FM.
Le parlementaire néerlandais avait été
convié par Oskar Freysinger à venir s'exprimer
sur «l'islamisation de l'Europe» lors d'une
soirée à la Halle des Fêtes à
l'occasion du lancement de la campagne électorale
de l'UDC du Valais romand.
Pour des motifs prétendument sécuritaires
Dans un communiqué diffusé jeudi, la
municipalité de Savièse indique que des
menaces de débordements sont réelles.
Elles sont liés notamment à des projets
de rassemblements organisés sur internet. Le
Conseil communal a également «interdit
toutes rencontres et rassemblements liés, de
près ou de loin, à cette manifestation».
«Ces éléments pèsent désormais
lourdement sur les intérêts et la sécurité
de notre commune. Ils nous projettent dans une situation
où l'on peut s'attendre à de grandes probabilités
d'affrontements et de débordements», souligne
la municipalité.
Un invité caché à la municipalité?
Et de préciser: «L'exécutif communal
s'est posé la question suivante: «Pouvons-nous
prendre le risque de mettre en danger la population
saviésanne et de menacer l'ordre et la sécurité
publics?». Cette décision communale est
fondée exclusivement sur l'aspect sécuritaire
et ne saurait être assimilée à une
atteinte à la liberté d'expression».
La commune rappelle que la halle des fêtes avait
été réservée pour une réunion
politique ordinaire. La venue d'un invité «extraordinaire,
annoncée tardivement, modifie totalement les
conditions liées à la mise à disposition
des locaux».
Une décision jugée inique
Président de l'UDC du Valais romand, Oskar Freysinger
a qualifie la décision d'injuste, rapporte Rhône
FM. Pour lui, c'est «le début de la fin
des démocraties occidentales» qui «piétinent
un principe fondamental qui est la liberté d'expression».
Contacté par «20 minutes», le Conseiller
national confirme être sidéré par
la décision des autorités du village où
il réside. «Je ne pensais vraiment pas
qu'il allait interdire la venue de Geert Wilders. Le
président de la commune, le socialiste Michel
Dubuis, connaissait depuis le 19 mars l'identité
de la personnalité invitée. Peut-être
n'a-t-il pas réalisé qui était
Geert Wilders et pas eu le réflexe de se renseigner?»,
note Oskar Freysinger.
Et de s'offusquer: «Les autorités ont
plié après l'annonce d'une manifestation
de musulmans du Conseil central islamique suisse (CCIS),
un organisme présidé par le Biennnois
Nicolas Blanchot. C'est un comble! Quand ce sont des
extrémistes musulmans qui se rassemblent en Suisse,
comme à Bienne, ils peuvent le faire. Quand c'est
Freysinger, un élu fédéral, qui
invite quelqu'un au discours certes musclé mais
qui est un élu d'un pays démocratique,
à venir s'exprimer, on l'interdit! Moi qui pensait
que l'on vivait dans un pays libre, je suis effaré!».
Geert Wilders dans une salle à Sion
La section locale du parti agrarien n'entend toutefois
pas renoncer à recevoir Geert Wilders en Valais.
Jeudi matin à 10h, elle a trouvé une solution
alternative en louant une salle de 220 places au centre
de conférences Giroud, à Sion. Le propriétaire
de la salle indique espérer que la venue de Geert
Wilders «se passe dans le calme».
«La salle de la Cave Giroud est beaucoup plus
petite que celle de la Halle des fêtes de Savièse.
On va passer d'une capacité de 1000 places à
220! Il faudra réfléchir si cette soirée
privée se fera sur invitations. Pour la sécurité
en dehors de la salle, ce ne sera pas mon problème»,
relève encore Oskar Freysinger
Le procès de Geeert Wilders pour "incitation
à la haine raciale"
Dans son pays, Geert Wilders est jugé pour incitation
à la haine raciale et à la discrimination
envers les musulmans. Il encourt jusqu'à un an
de prison ou 7600 euros d'amende.
Le 23 mai dernier, le tribunal d'Amsterdam a rejeté
une demande de la défense de Geert Wilders qui
demandait l'abandon des poursuites à l'encontre
du chef de file d'un parti considéré comme
de l'extrême droite néerlandaise.
Geert Wilders est poursuivi pour avoir comparé
le Coran au «Mein Kampf» d'Adolf Hitler
dans des déclarations faites entre 2006 et 2008
dans les journaux néerlandais, sur des forums
internet et dans son film de 17 minutes «Fitna»
(«Discorde» en arabe). Film que le Valaisan
Oskar Freysinger souhaitait projeter durant cette soirée
à Savièse.
Source :
20 minutes/ats/gco,- jeudi 26 mai 2011