La Tunisie, qui vient de mettre fin à vingt
trois ans de laïcité, se dirige aujourd’hui
vers un conservatisme rampant.
Depuis la « révolution du 14 janvier »,
de plus en plus de femmes se trouvent sous le Niqab
(Voile intégral). Ce bout de tissu noir qui pend
comme un rideau à partir des yeux et descend
sous le menton a envahit la rue, les universités
et les espaces publics.
La multiplication de ces femmes voilées de noir
provoque la suspicion. Beaucoup se demandent si les
Tunisiennes ont vraiment envie d'une révolution
à l'iranienne ?
L’augmentation du nombre de femmes intégralement
voilées risque d’exposer le pays à
une nouvelle tentative de régression vers l'obscurantisme
et l'ignorance, sous le prétexte de trouver la
liberté après la chute du régime
de Ben Ali.
M. Taieb Baccouche, le ministre tunisien de l’Education,
a précisé, lors d’un point de presse
cette semaine au Ministère, que le port du Niqab
dans les établissements éducatifs est
interdit car « on ne sait pas qui se cache derrière
», ajoutant qu’il sera impossible actuellement
de consacrer des salles de prières dans les établissements
scolaires, d’autant plus qu’on enregistre
déjà un grand manque de salles de classes.
Cette décision du ministre a été
chaleureusement accueillie par de nombreuses personnes
dans les milieux de l'enseignement. Le port du Niqab
dans les écoles n'est pas autorisé parce
que, en outre, il peut être utilisé pour
tricher durant les examens.
La réglementation en vigueur avant le 14 janvier
exige que les élèves de Tunisie portent
des vêtements corrects, tout comme elle interdit
la barbe ou des vêtements étrangers à
la tradition du pays, ou qui soient distinctifs d'une
religion ou d'une autre.
Ce qui est très préoccupant est que quelques
semaines après la chute du régime, on
notait une recrudescence de femmes portant le voile
islamique intégral, symbole du fanatisme et de
l’extrémisme islamique.
Les anciens opposants et exilés tunisiens, de
retour au pays, exigent aujourd’hui une «
séparation entre les sexes » dans les écoles
et les transports en communs. Ils font aussi campagne
pour obliger les femmes à se voiler complètement,
de la tête aux pieds.
Un dangereux précédent a été
établi, le mois dernier, lorsque le gouvernement
a autorisé les photos de femmes portant le hijab
sur les cartes d'identité.
Les forces pro-charia bénéficient aussi
d'un large soutien populaire, contrairement au mythe
de « l’infime minorité d’extrémistes
» colporté par les médias locaux.
La récupération du coup d’état
de Tunis par l’intégrisme islamique risque
d’ouvrir la porte aux discriminations de sexe.
(En islam, la notion d’égalité entre
homme et femme n’est pas reconnue).
La « révolution du 14 janvier »
a été marquée par l’émergence
très forte du voile qui est présenté
comme faisant partie de « l’identité
collective musulmane ». Dans plusieurs quartiers,
les jupes se rallongent et disparaissant peu à
peu. La palette des couleurs se réduit. Il est
devenu banal de camoufler son corps derrière
un voile. Porter une jupe est devenu un acte de résistance,
après le « 14 janvier ».
Nous sommes naïfs de ne pas voir que la révolution
a été confisquée par les fondamentalistes
qui poussent la société Tunisienne vers
l'orient et ses idées arriérées.
Les révoltes en Tunisie et en Egypte constituent
un "signe du réveil islamique" dans
le monde, a affirmé le 4 février 2011
le guide suprême d'Iran, Ali Khamenei, lors de
la prière du vendredi à l'université
de Téhéran.
Al-Qaïda, au Maghreb Islamique, a aussi accueilli
favorablement le changement en Tunisie, et espère
la mise en œuvre progressive de la Charia islamique
dans le pays. Ses sympathisants bloquent déjà
les rues pour prier.
Ftouh Souhail, Tunis
Source:
http://www.drzz.info/article-la-tunisie-sera-t-elle-voilee-par-ftouh-souhail-71899499.html