Une femme du Queensland a passé huit mois dans
une prison des Émirats Arabes Unis pour adultère
après s'être plainte à la police
d'avoir été droguée et violée
par des collègues de travail.
En déposant une poursuite au Queensland hier
contre le centre de villégiature international
cinq étoiles où elle aurait été
agressée en 2008, Alicia Gali, 29 ans, a raconté
le calvaire qu’elle a vécu.
Ms Gali, qui conseille aux femmes d’éviter
les Émirats, a dit qu’elle avait passé
huit mois dans une cellule bondée, entassée
avec une trentaine de femmes, après s'être
plainte aux autorités d'avoir été
violée : « Ces pays n'ont pas les mêmes
lois que nous. Vous pouvez vous retrouver dans une situation
extrêmement précaire ».
En dehors de sa famille, personne en Australie ne savait
qu'elle avait été emprisonnée pour
adultère et pour consommation illégale
d’alcool. En effet, le personnel de l’ambassade
australienne l’avait avisée, ainsi que
sa famille, de ne pas s'adresser aux médias.
«C'était traumatisant, dit-elle. Tout ce
qui s'est passé, c'est la pire chose qui puisse
arriver à quelqu’un : être complètement
seule dans un pays étranger sans l'aide de votre
employeur ou de l'ambassade. »
Ms Gali, gérante d’un salon de beauté
au centre de villégiature, a relaté qu'elle
était au bar du personnel où elle pouvait
légalement consommer de l’alcool quand
un autre employé a mis des glaçons dans
son verre. Elle dit que c'est la dernière chose
dont elle se souvient avant de se réveiller le
lendemain dans sa chambre avec des blessures douloureuses.
« Je ne savais pas ce qui s'était passé.
J'étais traumatisée, je me sentais malade.
Je ne me rappelais même pas comment j’étais
revenue à ma chambre et ce qui s’était
passé », a déclaré Ms Gali.
Elle dit que c'est seulement après être
allée à l'hôpital qu’elle
s’est rendu compte qu’elle avait été
agressée sexuellement. Elle a appris plus tard
qu'on l’avait entendue crier et que des gardes
de sécurité ont trouvé des hommes
cachés dans sa chambre, où elle était
nue et inconsciente. Quand elle a quitté l'hôpital,
on lui a demandé d'aller à un poste de
police pour faire une déclaration et ensuite
parler à un juge. « Quand on m’a
mise dans une voiture de police, j’ai réalisé
qu’on m’emmenait en prison ».
Ms Gali dit qu'elle n'a jamais été avertie
par ses employeurs aux Émirats qu'elle pourrait
être accusée d’adultère et
emprisonnée si elle se plaignait d'avoir été
violée, à moins d’avoir quatre hommes
musulmans adultes comme témoins. « C’est
seulement après avoir passé cinq mois
en prison que j’ai su de quoi j’étais
accusée », a ajouté Ms Gali Trois
des agresseurs identifiés par Ms Gali ont été
emprisonnés : ils ont été inculpés
d’adultère, non pas de viol.
Après avoir purgé huit mois d'une peine
de 12 mois, Ms Gali a été graciée
et libérée ; elle est rentrée chez
elle en mars 2009. Depuis son retour, elle a été
traitée pour stress post-traumatique, elle souffre
de claustrophobie et de flashbacks. «Je me sentais
déprimée, en colère et confuse.
J'étais la victime. On m’a fait du mal,
et j’ai été punie ».
Le cabinet d'avocats Maurice Blackburn a produit jeudi
un recours en dommages-intérêts devant
la cour suprême de Brisbane. La poursuite allègue
que l’employeur de Ms Gali a manqué à
son devoir de l’informer du risque d’être
droguée, violée, accusée d’adultère,
et incarcérée si elle déposait
une plainte. Me Melissa Payne souligne que c'est une
cause complexe et que des spécialistes du droit
émirati seront consultés.
Source : Queensland
woman tells of her jail hell in United Arab Emirates,
Courriermail, 27 mars 2011; Poste de Veille http://www.postedeveille.ca/2011/03/victime-dun-viol-collectif-aux-eau-une-australienne-fait-8-mois-de-prison-pour-adultere.html