Vendredi 25 février, le Conseil des
Musulmans et Musulmanes de Suisse (CMMS) organisait
une séance où les milieux politiques étaient
invités à présenter leur programme
politique à l’égard de l’islam.
Celle-ci avait été ouverte par le président
du CMMS "Au nom d'Allah le clément, le miséricordieux".
Comme annoncé par le MOSCI qui a participé
en tant que spectateur à cet évènement,
cette séance s’est révélé
être, pour certains des participants, un grand
concours de courbettes et de réduction à
la dhimmitude d’une partie de la classe politique
désireuse de ratisser des voix musulmanes. Parmi
les principaux partis, seule l'UDC n'a pas participé
à l'évènement.
Relevons que ce même CMMS a démontré
récemment qu’il n’a aucun scrupules
à s’allier avec les officines de Kadhafi
tel que l’organisation Nord-Sud XXI, chargée
par ailleurs de remettre le Prix Kadhafi des droits
de l’homme (à des personnages typiques
tel que le négationniste Roger Garaudy), de même
que le très contesté Jean Ziegler, ami
de longue date de Kadhafi et cofondateur de son prétendu
prix des droits de l’homme.
Le MOSCI cite, en toute fidélité, l’essentiel
des propos tenus lors de cette réunion, laissant
le lecteur se faire sa propre opinion à leur
sujet.
Fitzner Matthias, MCVD :
Sur la question de la reconnaissance de la communauté
musulmane à un statut de droit public, il déclare
qu'« il faut reconnaître l’islam comme
religion » «moi-même je suis musulman,
ma femme étant marocaine»
Pierre Zwahlen, PS :
NB : M. Zwahlen, député vaudois, est
converti à l’islam depuis 1997.
Il tente un parallèle entre la critique de l’islam
et l’antisémitisme se demandant si «l’UDC
ne faisait pas des musulmans les nouveaux juifs »,
ajoutant que le fait d’
«affirmer que l’islam est la seconde religion
de Suisse est de la provocation ». Au sujet du
port du voile intégral : « je suis pas
contre le port de la burka, mais je suis pour qu’on
ne la porte pas », ce par quoi il entend qu’il
est contre l’interdiction du voile intégral.
« Nous (PS) ne souhaitons pas l’import du
port du voile pour les enseignants et ceux qui travaillent
pour l’état », ce par quoi il semblerait
soutenir l’idée que le PS soit pour une
interdiction du port du voile dans l’administration
et les écoles. Il insinue que le PS aurait fait
des démarches pour que la communauté musulmane
soit fédérée par les soins de l’Etat,
car « islam est pluriel, il sera difficile de
se fédérer». Relevons que c’est
en effet ce qu’avait fait sa collègue de
parti, Ada Marra. Il soutient que « l’islam
a déjà sa place en suisse »
Jacques Neyrinck, PDC :
Prenant implicitement position en faveur du port du
voile et de la construction de minarets, il affirme
que « la foi religieuse doit pouvoir s’exprimer
en plein air ». Il décrie Darbellay pour
ses positions qu’il considère trop critiques
vis-à-vis de l’islam et de certaines pratiques
islamiques et l’accuse dans ce sens de faire de
l’électoralisme.
Il a aussi affirmé que «la Suisse n’est
pas chrétienne » et déclare son
admiration du fait que les musulmans "vivent intensément
leur foi".
Il n’a dit que du bien de Tariq Ramadan, sans
se distancier de lui d’une quelconque manière,
et a affirmé avoir apprécié le
fait d’avoir écrit un livre avec lui. Il
dit ne voir aucun inconvénient à ce que
les prêches dans les mosquées ne soient
pas en français, argumentant en affirmant que
les anglicans notamment prêchent en anglais.
Marc Vuillemier, POP :
« il est important que l’islam soit reconnu
[à un statut de droit public], à vous
de vous fédérer » il faut «
se réunir pour voir ce qui nous unis »
« 2500 lausannois se sont déclarés
musulmans ».
Au sujet des carrés musulmans dans les cimetières,
il rappelle que la demande faite en 2004 n’a pas
abouti. En 2006, il a discuté avec « plusieurs
milieux » ; il envisagerait de le faire dans le
cimetière bois de vaux, mais à condition
que tout le monde puisse s’y faire enterrer.
Il ajoute « on [le POP ?] a écrit une
lettre au CE pour qu’il n’y ait plus d’enterrement
à la ligne » c'est-à-dire pour que
les tombes ne soient plus disposés en ligne,
mais puissent s’orienter librement vers la Mecque.
Beatrice Meyttraux, Les Verts :
« mes enfants faisaient la prière avec
les musulmans quand j’étais au Mali».
Pour elle, « il n’y a pas de question musulmane
», de même qu’il n’y a «
pas de différence entre croyance et citoyenneté
». Elle déclare que son parti n’a
pas de position sur la burka.
Soutenant que la communauté musulmane est plurielle,
elle affirme : « pour moi la communauté
musulmane cela ne signifie rien ». Ajoutant que
« nous sommes pour le vivre ensemble » [nous
nous permettons ici de préciser que cette notion
est dénuée de sens, dans le sens où
le cadre juridique existe déjà pour permettre
une vie de société, et que ce concept
est inévitablement accompagné des revendications
d’adaptation à l’islam pour trouver
« un terrain d’entente », Mme Meyttraux
se laisse ici prendre au piège comme de nombreux
politiciens usant de ce terme sans savoir clairement
le définir pour autant].
Elle ajoute au sujet de la dispense de cours de natation
« on ne veut pas exclure des enfants en les obligeant
à nager ou à enlever le voile ».
«Quand aux cimetières je suis contente
de la décision de M.Vuillemier »
Mathieu Blanc, PLR :
Il dit être favorable aux congés pour
fêtes religieuses musulmanes dans la mesure
du possible, vraisemblablement par l’adoption
de nouveaux jours fériés, mais affirme
être contre les dispenses aux cours de natation.
Il affirme que le PLR est le parti des libertés,
donc il est contre les limitations des libertés
religieuses ; « chaque religion doit respecter
les lois existantes », il est pour « encourager
le respect mutuel », mais « l’Etat
doit garantir la neutralité idéologique
», bien que « nous ne sommes pas contre
des cours sur toutes les religions à l’école
publique ».
Maximilien Brenhard, UDF :
Il a été attaqué à maintes
reprises au sujet de son soutien à l'initiative
pour l'interdiction des minarets pour laquelle il a
beaucoup milité. A ce sujet, il ne trahit pas
ses propos et ne dément pas son discours, affirmant
qu'il "recommencerait si c'était à
refaire".