Mme Dahlab est une activiste islamiste cherchant
à imposer son voile y compris à l'école
obligatoire. Elle s'était en effet déjà
fait connaître pour avoir recouru jusqu'à
la Cour européenne des droits de l'homme pour
contre son licenciement occasionné par son obstination
à vouloir porter le voile islamique au travail
alors qu'elle était institutrice. Une affaire
qu'elle a, fort heureusement perdu autant devant le
TF que devant la Cour de Strassbourg. Cette femme, acceptée
sur la liste des Verts de Vernier a été
élue au législatif de la ville où
elle pourra peut-être laisser libre cours à
son activisme.
Faute de décision responsable des politiciens
ayant accepté une telle activiste sur leurs listes,
c'est au citoyens de Vernier que revient la tâche
de faire comprendre qu'ils ne veulent pas élire
une islamiste comme représentante.
Lucia Dahlab est voilée. Et, depuis peu, politicienne.
Entrée chez les Verts l’année dernière,
cette Suissesse de 45 ans affiche son visage entouré
d’un hijab sur la liste écologiste de Vernier
aux élections municipales de mars prochain. Dans
la très laïque République de Genève,
des voix s’élèvent pour contester
l’arrivée de signes religieux en politique.
La féministe et conseillère municipale
genevoise Salika Wenger a dit hier matin sur les ondes
de la RSR tout le mal qu’elle pense des politiciennes
voilées ou de tout autre symbole religieux dans
l’espace public.
«Je m’autocensurais»
Le «cas» de Lucia Dahlab n’est pourtant
pas isolé. En Suisse, d’autres musulmanes
voilées se sont portées candidates. Verra-t-on
un jour l’écologiste siéger avec
son hijab à Vernier? Ou les musulmanes voilées
devraient-elles se voir refuser l’accès
au pouvoir législatif?
Au téléphone, Lucia Dahlab assure que
le voile n’est pas incompatible avec la fonction.
«Cela ne pose aucun problème institutionnel,
et si je l’enlevais après avoir été
élue, j’aurais l’impression de trahir
les gens qui ont voté pour moi voilée.»
Mais elle le reconnaît, son entrée en politique
ne s’est pas faite sans hésitation. Lorsqu’on
lui propose d’adhérer aux Verts, elle trouve
l’idée «saugrenue». «Je
me suis dit: «Lucia, sois raisonnable, ce n’est
pas possible. Tu portes un voile et les gens ne sont
pas prêts.» Ce qui l’a fait changer
d’avis: «Je me suis aperçue que je
m’autocensurais et que j’avais intériorisé
le fait que des choses me sont interdites.»
Pas en classe
Le sujet du foulard dans l’espace public défraie
régulièrement la chronique. Récemment,
c’est la candidature à la RSR d’une
étudiante en journalisme portant le hijab qui
a focalisé l’attention. Aujourd’hui,
c’est au tour de Lucia Dahlab d’attirer
les regards. Mais cette enseignante à l’école
primaire convertie à l’islam en 1991 et
vice-présidente de l’Union des organisations
musulmanes de Genève a l’habitude. Il y
a quatorze ans, l’Instruction publique genevoise
lui interdisait de porter son foulard en classe pour
cause de non-respect de la laïcité. Après
une bataille juridique qui la mène jusqu’à
la Cour européenne, Lucia Dahlab finit par perdre.
Depuis, elle enlève chaque jour son hijab avant
d’aller enseigner.
Alors pourquoi persister. La foi n’est pas une
affaire privée, après tout? Elle réfute
l’argument. «Ma foi implique que je doive
me couvrir la tête et le corps. Je ne la perds
pas lorsque je sors de chez moi.» Lorsqu’on
lui demande si elle comprend que l’arrivée
d’une femme voilée en politique puisse
choquer dans un Etat laïc, elle répond que
la religion n’est pas absente de la société,
mais en réalité tellement intégrée
à notre culture qu’on ne la voit plus.
Et d’avancer des exemples: les vacances scolaires
calquées sur les fêtes religieuses que
sont Noël ou Pâques. Pour elle, l’entrée
des musulmans et des musulmanes avec ou sans voile dans
les Parlements est inéluctable. «Je
suis simplement le reflet de la société»,
dit-elle, même si elle reconnaît être
minoritaire. Face aux féministes qui déplorent
la soumission des femmes voilées et le message
rétrograde qu’elles véhiculent,
Lucia Dahlab rétorque qu’elle n’est
pas plus soumise que n’importe qui. «Certaines
personnes ont une représentation de la femme
musulmane qui ne colle pas à la réalité.
Moi, je suis l’archétype de la femme moderne
qui galère: je travaille, je fais de la politique
tout en élevant trois enfants!»
Demain samedi, au marché, elle se lancera en
campagne avec les Verts pour la première fois.
Elle défendra les idées écologistes
comme les autres candidats pour «participer à
construire une société basée sur
la tolérance».
À Lucens (VD), elle siège avec
son foulard islamique
«Tant qu’elle fait correctement son travail
de conseillère communale, je ne vois vraiment
pas le problème.» A Lucens (VD), Eric Pidoux
compte depuis six mois une femme voilée parmi
les élus du Conseil communal qu’il préside.
Lysiane Brahmi est entrée au législatif
de la commune vaudoise dans le groupe socialiste qui
compte aussi des Verts en remplacement de sortants,
sans tambours ni trompettes. Mais sous les acclamations
de l’assemblée le jour de son assermentation,
rappelle-t-elle fièrement. Inscrite il y a peu
au parti écologiste, cette Suissesse convertie
à l’islam il y a 23 ans dit ne pas avoir
subi de critiques. «Il faut dire que je suis du
village, ici tout le monde me connaît.»
En mars prochain, elle saura si les citoyens de sa commune
la reconduiront dans ses fonctions. Lysiane Brahmi assure
n’avoir jamais fait l’objet de remarques
parce qu’elle est voilée. «Mais il
y a des défiances, reconnaît-elle. Et certains
me bifferont sans doute de la liste.»
Source:Le Matin, 20.01.2011, http://www.lematin.ch/actu/suisse/lucia-dahlab-reflet-societe-376251