Une candidate du Parti radical à la
Municipalité s’est couvert la tête
dans une mosquée. Un geste qui divise la classe
politique.

Marlène Bérard, dans la mosquée
de Lausanne le 12 février dernier, en compagnie
de son colistier Olivier Français.
Marlène Bérard, nouvelle égérie
des libéraux-radicaux, a porté le voile
dans une mosquée. Alors qu’elle n’y
était pas obligée et que la fête
n’était pas religieuse. La nouvelle a fait
frissonner la classe politique lausannoise. Car Marlène
Bérard, protestante de confession, est d’abord
la représentante romande du parti dans le dernier
spot électoral fédéral, en compagnie
de Fulvio Pelli. Elle est aussi, et surtout, candidate
à la Municipalité de Lausanne.
Elle s’est couvert les cheveux à la mosquée
de Lausanne le 12 février. Une photo la dévoile,
au milieu des 400 personnes présentes, à
côté d’un de ses deux colistiers
radicaux, Olivier Français. L’intéressée
raconte: «Nous étions invités avec
d’autres candidats à la Municipalité
pour la fête du Mawlid, la commémoration
de la naissance de Mahomet. J’avais pris un châle
dans mon sac. Au cas où. Finalement, je me suis
recouvert la tête. C’est un signe de respect
dans un lieu de culte comme le port de la kippa dans
une synagogue ou de vêtements longs dans une église.»
El Rifaï, imam de la mosquée, précise
qu’elle n’y était pas obligée.
«C’est son choix. C’est sympa de sa
part.»
Le geste de la candidate du PLR a suscité l’incompréhension
et la réprobation politique dans La Liberté
de la semaine dernière. «J’assume
totalement, répond-elle. Je rappelle que je suis
contre le port du voile dans les lieux publics, évidemment.»
Elle précise que cette polémique préélectorale
est l’œuvre des socialistes. «Ils sont
prêts à tout pour nuire», ajoute-t-elle.
Dont un de ses membres, le municipal Oscar Tosato, était
aussi présent à la fête du Mawlid.
Pour Silvia Zamora, municipale socialiste lausannoise
sortante, la question du voile ne se pose pas. «Je
ne l’ai jamais porté. Surtout ici, en Suisse.
Ce n’est pas une marque de respect que de singer
les coutumes des autres sans qu’il y ait de raison
valable. Le faire est un manque de connaissance ou le
racolage des électeurs.»
Les anciennes municipales Eliane Rey (lib.) et Doris
Cohen-Dumani (rad.) ne l’ont jamais porté
non plus. Mme Cohen-Dumani explique que le voile est
un symbole religieux. «Il n’y a alors pas
de problème.» Mais c’est aussi un
symbole politique. Dans ce cas, il signifie la soumission
de la femme par rapport à l’homme. «Marlène
Bérard est une candidate radicale valable. Et
comme par hasard… Elle n’a pas trop réfléchi
en se couvrant la tête. Elle a fait ce qu’elle
pensait devoir faire», conclut Doris Cohen-Dumani.
Source:
Le Matin, 26.02.2011