Un Tunisien, réfugié politique, a publié
sur internet un texte en arabe pour légitimer
la violence.
Le Tunisien a écrit sur le site alhiwar.net:
«Sellez les chevaux, et préparez ce que
vous pouvez de matériel, de convictions, puis
n’oubliez pas, n’oubliez pas, n’oubliez
pas les ceintures sacrées, les ceintures des
respectables, la ceinture explosive pour les gens qui
trahissent.»
En français, l’homme tient des propos
apaisants. Mais en arabe, ce Tunisien, réfugié
politique depuis dix-huit?ans en Suisse, a un autre
discours.
L’homme veut passer pour un modéré.
Il s’est fait connaître lors de la manifestation
à Berne des musulmans de Suisse contre la publication
des caricatures de Mahomet en 2006. «Si je devais
absolument choisir, j’accepterais par amertume
une caricature de Mahomet plutôt que de voir des
morts dans un métro», disait-il.
En français, l’homme tient des propos
apaisants. Mais en arabe, ce Tunisien, réfugié
politique depuis dix-huit?ans en Suisse, a un autre
discours: «Alors, il faut les avertir, leur montrer
par la parole s’ils se rappellent, sinon justice
par la force devra être faite. Scellez les chevaux,
et préparez ce que vous pouvez de matériel,
de convictions, puis n’oubliez pas, n’oubliez
pas, n’oubliez pas les ceintures sacrées,
les ceintures des respectables, la ceinture explosive
pour les gens qui trahissent. Nous allons résister,
cela fait partie de notre culte, nous allons résister,
soit la victoire soit la mort.» Et en note de
bas de page, il précise: «Ceinture d’explosifs,
arme des vulnérables contre les ennemis de la
nation.»
Ce président de l’association Ez-Zeitouna,
fondée pour défendre les droits de l’homme
en Tunisie, a assuré régulièrement
le prêche du vendredi au centre culturel des musulmans
à Neuchâtel, sans pour autant y assumer
de responsabilité officielle.
Thomas Facchinetti, délégué cantonal
aux étrangers, confirme: «Il est connu
comme islamiste. Mais il a toujours eu des propos modérés.
Ces nouvelles phrases me paraissent plus inquiétantes.
Mais à ma connaissance, il n’a pas trop
d’influence dans l’association du centre
culturel de Neuchâtel.»
Le Tunisien a écrit son texte sur le site de
l’opposition alhiwar.net, censuré en Tunisie,
en septembre dernier. Il commence par dénoncer
l’état délabré d’une
mosquée en Tunisie, près de l’Université
de Ras el Tabie. Les autorités l’avaient
fermée pour cause de rénovation. Mais
des images en caméra cachée montrent que
les travaux sont au point mort, que les Corans sont
jetés par terre et que des bouteilles d’alcool
traînent dans les coins.
L’affaire avait fait du bruit dans le monde arabe.
L’homme, membre du parti islamiste Ennahda, opposant
au régime tunisien, fustige du coup l’oppression
dans son pays d’origine. Avant de parler de Jérusalem,
de Bagdad et de l’Afghanistan et d’en appeler
à la ceinture d’explosifs.

Contacté hier, sa première réaction
est de demander: «C’est un texte en arabe,
pourquoi me parlez-vous de ça?» Puis d’accuser:
«Vous sortez mes phrases de leur contexte!»
Il est vrai que parfois le prédicateur modère
son propos: «Nous allons résister par la
paix, la sagesse et les pierres», écrit-il.
Cela suffit? L’homme finit par hurler: «Je
ne suis pas un terroriste, ce que j’ai écrit
je l’assume, il n’y a rien de mal. Je n’ai
rien à craindre, je suis serein et calme. Ce
n’est qu’un poème dont vous ne prenez
que quelques lignes sans chercher à comprendre
l’ensemble.»
Et d’ajouter: «J’ai fait de la prison
pour la démocratie. Quand les Français
ont fait la révolution, les a-t-on traités
de terroristes? Pourtant avaient-ils des bouquets de
fleurs? Non, ils ont lutté avec les moyens qu’ils
avaient. Pourquoi ce qui est permis pour les uns ne
l’est pas pour les autres? On vient détruire
nos pays, nos mosquées et on ne doit rien dire?
La Suisse a bien une armée pour se protéger
et nous, nous n’aurions pas le droit de le faire?»
Source :
24 Heures, 30.12.2010