A Londres, les références à
Noël disparaissent des rues. Trop connotées
religieusement, les luminaires de la capitale leur préfèrent
des expressions plus neutres comme « Saison Blanche
» ou « Fêtes d’Hiver ».
En réaction, l’église anglicane
lance une campagne « Je n’ai pas honte d’être
chrétien ».
Englouti dans le politiquement correct, phagocyté
par la nécessité de ne heurter aucune
susceptibilité, ou simplement adapté à
une société de plus en plus multiculturelle,
le Noël des Londoniens ne s’affiche plus
sur la voie publique... ou seulement sous un autre nom.
Plus de « Merry Christmas » clignotant
dans les rues commerçantes de Regent Street,
mais des luminaires inspirés du dernier volet
des « Chroniques de Narnia ». A Oxford Street,
ce sont des parapluies géants qui décorent
la rue, tandis que le spectacle offert par Carnaby Street
est aérien et mystérieux: un Père
Noël déguisé en astronaute flotte
parmi les planètes et les étoiles. Plus
au Sud, les décorations du quartier de Tooting
rassemblent palmiers et chandelles, association insolite
permettant de célébrer non seulement Noël,
mais aussi les fêtes musulmanes de l’Eid
et le festival hindou Diwali, le tout sans discriminations.
Ce phénomène, rebaptisé par les
médias anglais le «religieusement correct»,
a des conséquences surprenantes. Les crèches
de la natalité sont devenues si rares qu'apercevoir
l’enfant Jésus, l’âne et le
boeuf rappelle un temps désormais révolu.
Les Christmas Carols, les célèbres chants
de Noël, ont été revus et vidés
de toute connotation religieuse pour plaire à
toutes les oreilles. Même certaines paroisses
chrétiennes suivent le mouvement: les mots «
fils », « roi » et « vierge
» y sont parfois supprimés, car sexistes
et discriminatoires.
Ce changement de comportement apparaît aussi
dans les statistiques. Dans un sondage réalisé
en 2006, 74% des commerçants londoniens indiquaient
qu’ils s’interdisaient de mettre en place
des décorations de Noël trop connotées
de peur de s’aliéner les minorités
religieuses et les agnostiques.
Le très tolérant Lord Carey of Clifton,
ancien archevêque de Canterbury, s’est ému
de la situation au point de lancer une campagne intitulée
«Not ashamed». Le prélat invite ses
concitoyens à réfléchir sur le
sens chrétien des fêtes de fin d’année.
Dans une tribune libre parue sur le Sun, Lord Carey
insiste sur les valeurs humanistes et la tradition d’accueil
de la Grande-Bretagne. Il suggère qu’elles
forment un héritage chrétien qu’il
faut défendre sans en avoir honte. En affichant
sa foi ouvertement et en ressortant du placard les «
Happy Christmas » et autres babioles traditionelles.
(dls)
Source : http://www.bluewin.ch/fr/index.php/264,350629/Quand_No%C3%ABl_devient_tabou/fr/news/insolite/