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La taqiyya (tromperie permise par l'islam) inclut
le mensonge aux infidèle d'une manière
générale, tant en paroles qu'en actes.
La taqiyya est très présente dans la politique
islamique, et particulièrement à l'époque
moderne. Raymond Ibrahim explique cette doctrine, que
les Occidentaux ont tout intérêt à
connaître pour vaincre le djihadisme.
Raymond Ibrahim est directeur associé du Middle
East Forum.
_________________________
Vaincre le terrorisme djihadiste
Aux yeux des non-musulmans, l'islam doit apparaître
comme une religion paradoxale. D'un côté,
on le dépeint sans cesse comme la religion de
paix ; de l'autre, ses adeptes sont responsables de
la majorité des attaques terroristes dans le
monde. Les apologistes de l'islam mettent en avant qu'il
s'agit d'une religion fondée sur des critères
éthiques élevés ; d'autres insistent
sur le fait que c'est une religion de la loi. La dualité
des notions de vérité et de mensonge pour
l'islam révèle mieux sa nature paradoxale
: alors que le Coran interdit à un croyant de
tromper d'autres croyants - puisque « certainement
Allah ne guide pas celui qui est outrancier et imposteur
» [1] - la tromperie à l'égard des
non-musulmans, ce qu'on appelle généralement
en arabe la taqiyya, est elle aussi préconisée
par le Coran et relève de la catégorie
juridique des choses permises aux musulmans.
La taqiyya s'utilise essentiellement dans deux cas.
Le plus connu est la situation où il s'agit de
masquer son identité religieuse quand on craint
une persécution. C'est l'usage historique de
la taqiyya dans les communautés chiites, partout
et chaque fois que leurs rivaux sunnites étaient
plus nombreux et par conséquent les menaçaient.
À l'inverse, les musulmans sunnites, loin de
souffrir de persécutions, et chaque fois qu'ils
en ont eu la possibilité, ont déclenché
le djihad contre le royaume de la mécréance
; et c'est là qu'ils ont déployé
la taqiyya - non pas en tant que manœuvre de dissimulation
mais en tant que tromperie active. En fait, la tromperie,
qui trouve son fondement dans la doctrine de l'islam,
est souvent décrite comme égale - voire
supérieure - à d'autres vertus militaires
universelles comme le courage, la bravoure ou le sens
du sacrifice.
Pourtant, si les musulmans sont exhortés à
être dignes de confiance, comment la tromperie
peut-elle non seulement exister mais même être
agréable à Allah ? Qu'est-ce exactement
que la taqiyya ? Comment est-elle justifiée par
les savants et ceux qui y recourent ? Comment s'inscrit-elle
dans une vision plus large du code éthique de
l'islam, en particulier en ce qui concerne les relations
avec les non-musulmans ? Plus concrètement, en
quoi la doctrine de la taqiyya pénètre-t-elle
toutes les interactions entre musulmans et non-musulmans
?
La doctrine de la taqiyya
Selon la charia - l'ensemble des règles de droit
qui définissent la manière dont le musulman
doit se comporter dans toutes les circonstances - le
mensonge est non seulement permis dans certaines situations
mais il peut être considéré comme
obligatoire dans certaines autres. Contrairement à
la tradition chrétienne des origines, par exemple,
les musulmans qui ont été forcés
de choisir entre renier l'islam ou être persécutés
avaient le droit de mentir et de feindre l'apostasie.
D'autres juristes ont décrété que
les musulmans ont le devoir de mentir pour se protéger
[2], cette prescription se fondant sur les versets coraniques
qui interdisent aux musulmans d'être les instruments
de leur propre mort [3].
Telle est la définition classique de la doctrine
de la taqiyya. Fondée sur un mot arabe évoquant
la peur, la taqiyya a longtemps été comprise,
et en particulier par les universitaires occidentaux,
comme une attitude à laquelle recourir dans les
temps de persécution religieuse, et c'est pour
l'essentiel dans ce sens qu'elle a été
utilisée par les groupes chiites minoritaires
vivant au sein de majorités sunnites hostiles
[4]. La taqiyya permettait aux chiites de masquer constamment
aux sunnites leur appartenance religieuse, non seulement
par la clandestinité, en cachant leur propre
croyance, mais également de manière active
en priant et se comportant comme des sunnites.
Cependant, l'un des quelques livres consacrés
au sujet, At-Taqiyya fi'l-Islam (La dissimulation dans
l'islam), montre très clairement que la taqiyya
n'est pas limitée à la dissimulation des
chiites menacés de persécution. Écrit
par Sami Mukaram, ancien professeur d'études
islamiques à l'université américaine
de Beyrouth et auteur de quelque vingt-cinq livres sur
l'islam, cet ouvrage met clairement en évidence
l'ubiquité et le large domaine d'application
de la taqiyya :
La taqiyya revêt dans l'islam une importance
fondamentale. Pratiquement toutes les sectes islamiques
en admettent le principe et la pratiquent.... On peut
aller jusqu'à dire que la pratique de la taqiyya
est très majoritaire dans l'islam, et que les
quelques sectes qui ne la pratiquent pas s'écartent
de ce courant majoritaire... La taqiyya est très
présente dans la politique islamique, et particulièrement
à l'époque moderne [5].
La taqiyya n'est donc pas, comme on le croit souvent,
un phénomène limité au chiisme.
Bien entendu, en tant que groupe minoritaire dispersé
parmi leurs ennemis sunnites, les chiites ont historiquement
eu davantage de raisons de se dissimuler. À l'inverse,
l'islam sunnite a rapidement dominé de vastes
empires qui s'étendaient de l'Espagne à
la Chine. De ce fait, ses adeptes n'avaient de compte
à rendre à personne, ils n'avaient à
s'excuser de rien, et ils n'avaient pas à se
cacher des infidèles mécréants
(parmi les rares exceptions figurent l'Espagne et le
Portugal pendant la Reconquista, époque où
les sunnites ont effectivement dissimulé leur
identité religieuse [6]). Pourtant, l'ironie
des choses fait que les sunnites vivant en Occident
se trouvent aujourd'hui dans la situation du chiisme.
Ils sont la minorité entourée de ses ennemis
traditionnels - les infidèles chrétiens
- même s'il est rare que ceux-ci, contrairement
à leurs prédécesseurs de la Reconquista,
passent aux actes ou même reconnaissent cette
inimitié historique. En bref, les sunnites vivent
aujourd'hui la situation générale qui
a amené la taqiyya à faire partie intégrante
du chiisme, mais sans la menace physique qui avait imposé
cette attitude.
Formulation de la taqiyya
Le verset 3:28 du Coran est souvent considéré
comme le principal de ceux qui préconisent la
dissimulation envers les non-musulmans : « Que
les croyants [les musulmans] ne prennent point pour
alliés des infidèles [les non musulmans]
plutôt que des croyants. Ceux qui le feraient
ne doivent rien espérer de la part d'Allah, à
moins que vous n'ayez à craindre quelque chose
de leur côté » [7].
Muhammad ibn Jarir at-Tabari (décédé
en 923), auteur d'un commentaire classique du Coran
qui fait autorité, explique ce verset 3:28 de
la manière suivante :
Si vous [les musulmans] vous trouvez sous leur [les
non-musulmans] autorité et que vous craignez
pour vous, comportez-vous loyalement avec eux en paroles
tout en gardant en vous de l'animosité contre
eux... [sachez que] Allah a interdit aux croyants l'amitié
ou l'intimité avec les infidèles plutôt
qu'avec d'autres croyants - sauf quand les infidèles
sont placés au-dessus d'eux [en termes d'autorité].
Si c'était le cas, qu'ils agissent amicalement
envers eux tout en préservant leur religion [8].
Sur ce même verset 3:28 du Coran, Ibn Kathir
(décédé en 1373), une autre autorité
de premier plan sur le Coran, écrit : «
Quiconque, en quelque lieu et en quelque temps que ce
soit, craint... qu'il lui soit fait du mal [par des
non-musulmans] a le droit de se protéger par
son attitude extérieure ». À l'appui
de cette interprétation, il cite un proche compagnon
de Mahomet, Abu Darda, qui disait : « Sourions
à la face de certaines personnes alors que notre
cœur les maudit ». Pour un autre compagnon,
simplement connu sous le nom de Al-Hasan, « pratiquer
la taqiyya est admissible jusqu'au jour du Jugement
[c'est à dire éternellement] » [9].
D'autres savants de premier plan, comme Abu'Abdullah
al-Qurtubi (1214-73) et Muhyi'd-Din ibn al-Arabi (1165-1240),
ont étendu la taqiyya aux actions. Autrement
dit, les musulmans ont le droit de se comporter comme
des infidèles et même pire - par exemple
en se prosternant devant des idoles ou des croix et
en les adorant, en faisant de faux témoignages
et même en révélant à l'ennemi
infidèle les faiblesses de leurs frères
musulmans - tant qu'ils ne vont pas jusqu'à vraiment
tuer un musulman : « La taqiyya, même pratiquée
hors de toute contrainte, ne conduit pas à un
état d'infidélité - même
si elle conduit à un péché méritant
le feu de l'enfer » [10].
La tromperie dans les exploits militaires de
Mahomet
Mahomet - « le plus parfait des hommes »,
dont l'exemple doit être suivi dans le moindre
détail - avait quant au mensonge une attitude
opportuniste. Il est bien connu, par exemple, qu'il
autorisait le mensonge dans trois situations : pour
mettre fin à une querelle entre deux parties,
pour apaiser sa femme, et à la guerre [11]. Selon
un manuel de droit arabe consacré au djihad par
les quatre écoles juridiques, « les ulémas
s'accordent pour penser que la tromperie pendant la
guerre est légitime... le mensonge est une forme
d'art de la guerre » [12]. De plus, selon Mukaram,
cette tromperie est considérée comme un
acte de taqiyya : « La taqiyya utilisée
pour duper l'ennemi est autorisée » [13].
Plusieurs ulémas estiment que le mensonge fait
partie intégrante de la conduite de la guerre
: Ibn al-'Arabi déclare que « dans les
hadith [paroles et actions de Mahomet], la pratique
du mensonge à la guerre est bien décrite.
D'ailleurs, il est présenté comme plus
nécessaire que le courage ». Ibn al-Munir
(décédé en 1333) a écrit
: « La guerre est le mensonge, c'est à
dire que la guerre la plus complète et la plus
parfaite qu'il soit possible de mener dans la guerre
sainte est une guerre de tromperie et non d'affrontement,
parce que celle-ci est intrinsèquement dangereuse
et qu'il est possible d'atteindre la victoire par la
tricherie sans subir soi-même de dommages ».
Et Ibn Hajar (décédé en 1448) conseille
aux musulmans « d'être très prudents
à la guerre, tout en se lamentant et en pleurant
[publiquement] afin de duper les infidèles »
[14].
Cette notion musulmane selon laquelle la guerre est
le mensonge remonte à la Bataille de la tranchée
(627), qui a opposé Mahomet et ses fidèles
à plusieurs tribus non musulmanes connues sous
le nom de Al-Ahzab. L'un des Ahzab, Na'im ibn Mas'ud,
s'est rendu au camp des musulmans et s'est converti
à l'islam. Quand Mahomet a découvert que
les Ahzab ignoraient cette conversion de leur compagnon,
il a conseillé à Mas'ud de retourner vers
les siens et d'essayer d'amener les forces païennes
à abandonner le siège. C'est là
que Mahomet a fait sa mémorable déclaration
: « Car la guerre est le mensonge ». Mas'ud
a rejoint les Ahzab, qui ne savaient pas qu'il avait
changé de camp, et il a commencé à
donner intentionnellement de mauvais conseils à
ses anciens proches et alliés. Il s'est également
beaucoup activé pour fomenter des querelles entre
les diverses tribus jusqu'au point où, ne se
faisant plus du tout mutuellement confiance, elles se
sont séparées et ont levé le siège
imposé aux musulmans, sauvant ainsi l'islam de
la destruction à un stade encore embryonnaire
[15]. Plus récemment, des complices de l'attentat
du 11 septembre, comme Khalid Sheikh Muhammad, ont rationalisé
leur conspiration dans leur défense devant le
tribunal en citant la déclaration du prophète
selon qui « la guerre est le mensonge ».
L'anecdote qui suit illustre de manière plus
convaincante encore la légitimité du mensonge
aux infidèles. Le poète Ka'b ibn Ashraf
avait offensé Mahomet, qui s'était exclamé
: « Qui va tuer cet homme qui a blessé
Allah et son prophète ? ». Un jeune musulman
qui s'appelait Muhammad ibn Maslama s'était porté
volontaire à la condition d'être autorisé
à mentir au poète pour pouvoir s'en approcher
suffisamment. Mahomet avait accepté. Ibn Maslama
était allé voir Ka'b et s'était
mis à dénigrer l'islam et Mahomet. Il
avait continué de la même manière
jusqu'à devenir assez convaincant pour que Ka'b
lui fasse confiance. Peu après, Ibn Maslama s'était
présenté avec un autre musulman et, alors
que Ka'b était sans méfiance, il l'avait
tué ( [16].
Mahomet a dit d'autres choses qui jettent une lumière
positive sur le mensonge, et notamment : « Allah
m'a ordonné d'entretenir le doute chez les gens
tout comme il m'a commandé de créer les
obligations [religieuses] » ; ou « J'ai
été envoyé pour jeter un voile
de confusion » ; ou encore « celui qui vit
sa vie dans la dissimulation meurt en martyr »
[17].
En bref, les plus anciennes données historiques
sur l'islam montrent clairement le recours à
la taqiyya comme arme de guerre islamique. De plus,
on décrit souvent la manière dont les
premiers musulmans mentaient pour se dégager
de leurs obligations en général en reniant
ou insultant l'islam ou Mahomet - souvent avec l'approbation
de celui-ci, son seul critère étant que
leurs intentions (niya) soient pures [18]. Pendant les
guerres contre les chrétiens, chaque fois que
ceux-ci étaient en position de pouvoir, la pratique
de la taqiyya devenait encore davantage partie intégrante
de leur vie. Selon Mukaram, « la taqiyya a été
utilisée comme moyen d'écarter le danger
des musulmans, surtout aux temps critiques et lorsque
leurs frontières ont été exposées
aux guerres avec l'empire byzantin puis, par la suite,
aux incursions [croisades] des Francs et autres »
[19].
La taqiyya dans la révélation
coranique
Le Coran lui-même témoigne de la taqiyya.
Puisque les musulmans croient que c'est Allah qui a
révélé ces versets, il est considéré
par défaut comme le véritable responsable
du mensonge - ce qui n'est pas surprenant puisqu'il
est décrit dans le Coran comme le meilleur makar,
autrement dit le meilleur menteur ou conspirateur (p.
ex. : 3:54, 8:30, 10:21).
Certes, d'autres écritures contiennent des contradictions,
mais le Coran est le seul livre dont les commentateurs
ont bâti une doctrine pour expliquer les très
visibles différences qui apparaissent d'une injonction
à l'autre. Aucun lecteur attentif ne peut manquer
de remarquer les nombreux versets contradictoires du
Coran, et plus précisément la manière
dont des versets pacifiques et tolérants figurent
pratiquement à côté de versets violents
et intolérants. Les ulémas ont d'abord
été déroutés quand il s'est
agi de déterminer les versets à codifier
dans la vision mondiale de la charia : celui qui affirme
qu'il n'y pas de contrainte en religion (2:256), ou
ceux qui ordonnent aux croyants de combattre tous les
non-musulmans jusqu'à obtenir leur conversion
ou, au moins, leur soumission à l'islam (8:39,
9:5, 9:29) ?. Pour se tirer de cet embarras, les commentateurs
ont mis au point la doctrine de l'abrogation, qui affirme
pour l'essentiel qu'en cas de désaccord, les
versets révélés plus tard dans
la carrière de Mahomet prennent le pas sur les
versets antérieurs. Pour savoir quels versets
abrogeaient quels autres, il est apparu une science
religieuse vouée à la chronologie des
versets coraniques (on l'appelle an-Nasikh wa'l Mansukh,
l'abrogeant et l'abrogé).
Mais pourquoi, tout simplement, y a-t-il des contradictions
? On considère habituellement que, dans les premières
années de l'islam, Mahomet et sa communauté
étant bien moins nombreux que leurs adversaires
infidèles alors qu'ils vivaient à côté
d'eux à La Mecque, un message de paix et de coexistence
était à l'ordre du jour. Mais, lorsque
les musulmans ont émigré à Médine
en 622 et ont acquis de la force militaire, les versets
les incitant à passer à l'offensive ont
lentement été « révélés
» - en principe, envoyés par Allah - toujours
en accord avec les capacités croissantes de l'islam.
Dans les textes juridiques, ces versets sont classés
en niveaux : passivité à l'égard
de l'agression, autorisation de répliquer contre
les agresseurs, ordres de combattre les agresseurs,
ordres de combattre tous les non-musulmans, qu'ils commettent
des agressions ou non [20]. La force croissante des
musulmans est le seul paramètre qui explique
ce changement progressif de politique.
D'autres savants ont fourni une autre explication en
arguant que, sur une période de vingt-deux ans,
le Coran a été révélé
par fragments, passant de versets passifs et spirituels
à des prescriptions et injonctions de droit pour
répandre la foi par le djihad et la conquête,
et cela simplement pour permettre l'acclimatation des
premiers convertis musulmans aux obligations de l'islam
et éviter de les décourager dès
le départ par les contraintes spectaculaires
qui devaient être révélées
dans des versets plus tardifs [22] - auraient été
hors contexte lorsque la guerre n'était pas envisageable
dans les faits.
Quelle que soit l'explication retenue, l'interprétation
classique de l'abrogation coranique dans les versets
sur la paix et la guerre consiste à dire que
lorsque les musulmans sont faibles et en position de
minorité, ils doivent prêcher et se comporter
conformément à l'esprit des versets de
La Mecque (paix et tolérance) ; quand ils sont
forts, en revanche, ils doivent passer à l'offensive
en se fondant sur les ordres formulés dans les
versets de Médine (guerre et conquête).
Les vicissitudes de l'histoire islamique témoignent
de cette dichotomie, qui est bien traduite par une notion
répandue chez les musulmans et fondée
sur un hadith : si c'est possible, le djihad doit être
mené par la main (la force), et sinon, par la
langue (le prêche) ; et si cela non plus n'est
pas possible, par le cœur ou par les intentions
[23].
La guerre est perpétuelle
Que l'islam légitime le mensonge pendant la
guerre n'a évidemment rien de bien étonnant
; après tout, comme le disait l'écrivain
élizabéthain John Lyly : « Tout
est permis en amour et à la guerre » [24].
D'autres philosophes et stratèges non musulmans
- comme Sun Tzu, Machiavel et Thomas Hobbes - ont justifié
le mensonge à la guerre. Tromper l'ennemi pendant
une guerre relève du simple bon sens. La différence
essentielle, dans l'islam, c'est que la guerre contre
les infidèles est une affaire perpétuelle,
qui doit durer, selon les termes mêmes du Coran,
jusqu'à ce que « tout chaos prenne fin
et que toute religion appartienne à Allah »
[25]. Dans son article sur le djihad dans l'Encyclopédie
de l'islam, Emile Tyan écrit : « Le devoir
de djihad existe tant que la domination universelle
de l'islam n'a pas été obtenue ».
La paix avec les nations non musulmanes n'est donc qu'une
situation provisoire ; seul le hasard des circonstances
peut la justifier temporairement » [26].
De plus, pour revenir à la doctrine de l'abrogation,
les savants musulmans comme Ibn Salama (décédé
en 1020) sont d'accord pour penser que le verset 9:5
du Coran, connu sous le nom de verset de l'épée
(ayat as-sayf), a abrogé quelque 124 versets
plus pacifiques de La Mecque, ainsi que « tous
les versets du Coran qui ordonnent ou impliquent moins
qu'une offensive totale contre les non-croyants »
[27]. En fait, les quatre écoles sunnites de
jurisprudence tombent d'accord pour considérer
que « le djihad, c'est lorsque les musulmans font
la guerre aux infidèles, après qu'ils
les ont appelés à embrasser l'islam ou
au moins à payer le tribut [jizya] et à
vivre en soumis, et qu'ils ont refusé »
[28].
Le caractère obligatoire du djihad s'exprime
au mieux dans la vision dichotomique du monde par l'islam,
qui oppose le royaume de l'islam au royaume de la guerre.
Le premier, dar al-Islam, est le « royaume de
la soumission », le monde où la charia
gouverne ; le second, dar al-Harb (le royaume de la
guerre), est le monde non islamique. La lutte continue
jusqu'à ce que le royaume de l'islam soumette
le monde non islamique - et c'est une situation perpétuelle
qui persiste encore aujourd'hui. Ibn Khaldun (décédé
en 1406), célèbre historien et philosophe
musulman, exprime clairement cette division :
Dans la communauté musulmane, le djihad est
un devoir religieux en raison du caractère universel
de la mission des musulmans et de l'obligation de convertir
tout le monde à l'islam, par la persuasion ou
par la force. Les autres groupes religieux n'avaient
pas de mission universelle, et le djihad n'était
pas pour eux un devoir religieux, sauf pour des objectifs
de défense. Mais l'islam est dans l'obligation
de prendre le pouvoir sur les autres nations [29].
En dernier lieu, sans tenir compte des éléments
de preuve et au cas où il paraîtrait encore
déraisonnable qu'une religion rassemblant plus
d'un milliard de croyants oblige à une guerre
en son nom en l'absence de toute provocation, il est
intéressant de noter que le djihad expansionniste
est vu comme une entreprise altruiste, qui n'est pas
sans rappeler l'idéologie du « fardeau
de l'homme blanc » au dix-neuvième siècle.
La logique, c'est que le monde, qu'il vive en démocratie,
en régime socialiste ou communiste ou sous tout
autre système de gouvernement, vit inévitablement
enchaîné dans le péché, puisque
le bien de l'humanité réside dans le fait
de vivre selon la loi d'Allah. Dans ce contexte, le
mensonge musulman peut être vu comme un moyen
à peine moins que noble au service d'un objectif
glorieux, l'hégémonie islamique sous la
charia, qui est vue comme bonne aussi bien pour les
non-musulmans que pour les musulmans.
Cette manière de voir les choses est ancienne
: peu après la mort de Mahomet (634), lorsque
les combattants du djihad sont sortis de la péninsule
arabique, un chef perse qui devait être rapidement
soumis demanda aux envahisseurs musulmans ce qu'ils
voulaient. Leur réponse mémorable fut
la suivante :
Allah nous a envoyés et conduits ici pour nous
permettre de libérer ceux qui le désirent
de la servitude aux puissants de la Terre et d'en faire
des serviteurs d'Allah, pour changer leur pauvreté
en richesse et les libérer de la tyrannie et
du chaos des [fausses] religions et les amener à
la justice de l'islam. Il nous a envoyés pour
apporter sa religion à toutes ses créatures
et les appeler à l'islam. Ceux qui accepteront
cela de nous seront saufs, et nous les laisserons en
paix ; mais ceux qui refuseront, nous les combattrons
jusqu'à ce que nous ayons accompli la promesse
d'Allah. [30]
Mille quatre cents ans plus tard - en mars 2009 - l'expert
juridique saoudien Basem Alem faisait publiquement écho
à cette vision des choses :
En tant que membre de la vraie religion, j'ai davantage
le droit d'envahir [les autres] pour imposer un certain
mode de vie [conforme à la charia], dont l'histoire
a montré que c'est la meilleure et la plus juste
de toutes les civilisations. Telle est la vraie signification
du djihad offensif. Lorsque nous lançons le djihad,
ce n'est pas pour convertir les gens à l'islam
mais pour les libérer du sombre esclavage dans
lequel ils vivent. [31]
Et il va sans dire que la taqiyya au service de l'altruisme
est autorisée. Par exemple, et tout récemment,
après avoir raconté en public l'histoire
d'un musulman qui avait piégé un juif
et l'avait fait se convertir à l'islam - en le
prévenant que s'il cherchait à abandonner
l'islam, les musulmans le tueraient pour apostasie -
le religieux musulman Mahmoud al-Masri a estimé
que c'était « un joli tour » [32].
Après tout, d'un point de vue islamique, c'est
le juif qui, finalement, bénéficiait de
la tromperie qui l'avait amené à l'islam.
Traités et trêves
Le caractère perpétuel du djihad est
souligné par le fait que, sur la base du traité
de Hudaybiya (628) signé pour 10 ans entre Mahomet
et ses adversaires Koraïsh, la plupart des juristes
sont tombés d'accord pour estimer que dix ans
représentent la durée maximale pendant
laquelle les musulmans peuvent vivre en paix avec les
infidèles ; une fois le traité expiré,
il convient de réexaminer la situation. D'après
l'exemple de Mahomet qui a rompu le traité au
bout de deux ans (en prétextant une infraction
des Koraïsh), l'unique fonction de la trêve
est de donner aux musulmans affaiblis le temps nécessaire
pour se regrouper avant de reprendre l'offensive [33]
: « Par nature même, les traités
doivent être de durée temporaire, parce
qu'en théorie juridique musulmane, les relations
normales entre territoires musulmans et non musulmans
ne sont pas pacifiques, mais conflictuelles »
[34]. De ce fait, « les fuqaha [juristes] sont
d'accord pour estimer que les trêves illimitées
sont illégitimes si les musulmans ont les forces
nécessaires pour reprendre la guerre contre eux
[les non-musulmans] » [35].
Même si la charia ordonne aux musulmans de respecter
les traités, ils ont une voie pour échapper
à cette contrainte, un voie qui laisse la porte
ouverte aux abus : si les musulmans pensent - même
sans preuves sérieuses - que leurs adversaires
sont sur le point de rompre le traité, ils peuvent
prendre les devants en le dénonçant les
premiers. Qui plus est, certaines écoles juridiques
islamiques, comme celle des Hanafites, affirment que
les leaders musulmans ont le droit d'abroger les traités
pour le simple motif que cela paraît avantageux
pour l'islam [36]. Cela fait référence
aux hadith canoniques suivants : « Si vous prêtez
un jour serment de faire quelque chose et découvrez
par la suite que quelque chose d'autre est mieux, alors
dénoncez votre serment et faites ce qui est le
mieux » [37]. Et qu'y a-t-il de mieux, de plus
altruiste, que de faire régner la parole d'Allah
en relançant le djihad chaque fois que possible
? Traditionnellement, les dirigeants musulmans respectaient
l'engagement de lancer un djihad au moins une fois par
an. Ce rituel est particulièrement net sous les
sultans ottomans, qui passaient la moitié de
leur vie sur le champ de bataille [38]. Le devoir de
djihad était si important que les sultans n'étaient
pas autorisés à faire le pèlerinage
à La Mecque, un devoir individuel pour tout musulman.
Leur conduite du djihad permettait à ce devoir
collectif de se perpétuer ; sans eux, il serait
tombé en désuétude [39].
En résumé, la condition nécessaire
pour qu'il y ait paix ou réconciliation est que
les musulmans aient l'avantage. C'est formulé
de manière très claire dans un texte sunnite
de droit islamique, Umdat as-Salik, écrit au
quatorzième siècle par un savant égyptien,
Ahmad Ibn Naqib al-Misri : « Il faut qu'il y ait
quelque avantage [maslaha] accordé en cas de
trêve, autre que le statu quo : 'Alors, n'ayez
pas le cœur faible et n'appelez pas à la
paix si c'est vous qui avez le dessus' [Coran 47:35]
». [40]
Plus récemment, et c'est très significatif
pour les leaders occidentaux qui préconisent
la coopération avec les islamistes, Yasser Arafat,
peu après avoir négocié un traité
de paix critiqué parce qu'il cédait trop
à Israël, s'est adressé à
une assemblée de musulmans dans une mosquée
de Johannesburg où il a justifié ses actions
: « À mes yeux, cet accord n'est rien de
plus que l'accord signé entre notre prophète
Mahomet et les Koraïsh à La Mecque »
[41]. En d'autres termes, comme Mahomet, Arafat ne donne
sa parole que pour la reprendre si « quelque chose
de mieux » se présente - c'est à
dire une fois que les Palestiniens seront devenus assez
forts pour reprendre l'offensive et poursuivre la route
vers Jérusalem. Ailleurs, il est apparu que le
nom d'Hudaybiya était un mot clé pour
les islamistes radicaux. Le Front islamique de libération
Moro avait trois camps d'entraînement au sein
du complexe d'Abu Bakar, aux Philippines. L'un d'eux
était le camp Hudaybiya [42].
L'hostilité masquée sous forme
de plaintes
Dans leurs déclarations destinées à
des publics européens ou américains, les
islamistes prétendent que le terrorisme qu'ils
exercent contre l'Occident n'est que la réponse
à des décennies d'oppression occidentale
et israélienne. Mais, dans les écrits
destinés à leurs coreligionnaires musulmans,
ces actions sont présentées non comme
une réaction à des provocations militaires
ou politiques mais comme le produit d'une obligation
religieuse.
Par exemple, en s'adressant à des publics occidentaux,
Oussama Ben Laden présente des listes de plaintes
comme motifs de sa guerre contre l'Occident - de l'oppression
des Palestiniens à l'exploitation des femmes
par l'Occident et même le refus américain
de signer le protocole de Kyoto sur l'environnement
- toutes choses compréhensibles du point de vue
occidental. En revanche, il ne justifie jamais les attaques
d'Al Qaida sur des cibles occidentales par le simple
motif que les pays non musulmans sont des entités
infidèles qui doivent être soumises. Effectivement,
il commence souvent son message à l'Ouest en
disant : « La justice commande la réciprocité
» ou « Paix à ceux qui suivent la
voie d'Allah » [43] - alors qu'il veut dire quelque
chose de totalement différent que ce que ses
auditeurs occidentaux entendent dans des mots comme
« paix », « justice » ou «
voie ».
C'est quand Ben Laden parle aux musulmans que la vérité
se fait jour. Quand un groupe de musulmans de premier
plan a écrit une lettre ouverte au peuple américain
peu après les frappes du 11 septembre, expliquant
que l'islam cherche à coexister pacifiquement
[44], Ben Laden a écrit pour les fustiger :
Quant à la relation entre musulmans et infidèles,
elle est résumée par la parole du Très-Haut
: « Nous [les musulmans] vous [les non-musulmans]
renions. Entre vous et nous, l'inimitié et la
haine sont à jamais déclarées,
jusqu'à ce que vous croyiez en Allah, seul »
[Coran 60:4]. Il y a donc une inimitié, dont
témoigne une hostilité viscérale
farouche, et telle hostilité, c'est-à-dire
cette guerre, ne cessera que si l'infidèle se
soumet à l'autorité de l'islam, ou s'il
est interdit de verser son sang [c'est à dire
s'il est un dhimmi, ou minorité protégée],
ou si les musulmans sont à ce moment-là
faibles et incapables. Mais si la haine viscérale
s'éteint à un moment quelconque, c'est
une grande apostasie ! ... Tels sont donc la base et
le fondement de la relation entre l'infidèle
et le musulman. Combat, animosité et haine, du
musulman envers l'infidèle, sont les fondements
de notre religion. Et nous considérons que c'est
faire preuve de justice et de bonté envers eux
[45].
Les quatre écoles de jurisprudence du courant
principal de l'islam apportent leur soutien à
cette vision du monde hostile en parlant de l'infidèle
en des termes similaires. Les discours de Ben Laden
à l'Occident avec ses mots de justice et de paix
sont des exemples manifestes de taqiyya. Non seulement
il est engagé dans un djihad physique, mais aussi
dans une guerre de propagande, c'est à dire une
guerre de mensonge. S'il parvient à convaincre
l'Occident qu'il est entièrement responsable
du conflit actuel, il engrange de la sympathie pour
sa cause. En même temps, il sait que si les Américains
venaient à comprendre que rien, sauf leur soumission,
ne pourra jamais apporter la paix, sa campagne de propagande
serait vite compromise. D'où la nécessité
constante de se dissimuler et de citer des plaintes
car, comme l'a dit le prophète de Ben Laden,
« la guerre est le mensonge ».
Implications
La taqiyya pose toute une série de dilemmes
éthiques. Quelqu'un qui croit vraiment que Allah
justifie et, à travers l'exemple de son prophète,
va même jusqu'à encourager le mensonge,
n'éprouvera aucun scrupule d'ordre moral à
mentir. Voyons le cas de Ali Mohammad, le premier «
mentor » de Ben Laden, et agent d'Al Qaida depuis
longtemps. Egyptien, il était initialement membre
du Djihad islamique et a servi dans les renseignements
de l'armée égyptienne. Après 1984,
il a travaillé un moment pour la CIA en Allemagne.
Bien que considéré comme non fiable, il
s'est débrouillé pour aller en Californie
où il s'est engagé dans l'armée
américaine. Il semble probable qu'il ait continué
à travailler dans une certaine mesure pour la
CIA. Plus tard, il a formé des djihadistes aux
États-Unis et en Afghanistan et on le retrouve
derrière plusieurs attaques terroristes en Afrique.
Ceux qui le connaissaient le considéraient avec
« crainte et respect pour son incroyable confiance
en soi, son incapacité à se laisser intimider,
sa détermination absolue et violente à
détruire les ennemis de l'islam, et sa croyance
fervente dans les principes du fondamentalisme islamique
militant » [46]. En fait, cette phrase résume
tout : parce qu'une croyance fervente dans les principes
de l'islam, qui légitime le mensonge pour faire
prévaloir sur tout la parole d'Allah, contribue
certainement beaucoup à donner une « incroyable
confiance en soi » quand on ment [47].
Pourtant, la plupart des Occidentaux continuent à
penser que les mœurs, les lois et les contraintes
éthiques des musulmans sont pratiquement identiques
à celles de la tradition judéo-chrétienne.
Avec naïveté ou arrogance, les leaders multiculturalistes
d'aujourd'hui projettent leur propre vision du monde
sur les islamistes, et pensent qu'une poignée
de mains et un sourire autour d'un café, avec
de nombreuses concessions, suffiront à démanteler
le pouvoir de la parole d'Allah et de siècles
de tradition immuable. Le fait demeure : le bien et
le mal, dans l'islam, n'ont pas grand chose à
voir avec les normes universelles et se réfèrent
uniquement à l'enseignement de l'islam lui-même,
où beaucoup de choses s'opposent à l'éthique
occidentale.
Il faut donc comprendre que, contrairement à
des hypothèses classiques admises depuis longtemps,
la doctrine de la taqiyya va bien au-delà de
la dissimulation religieuse dans laquelle les musulmans
s'engageraient dans l'intérêt de leur propre
sauvegarde, et qu'elle inclut le mensonge à l'ennemi
infidèle d'une manière générale.
Ce phénomène devrait éclairer le
contexte dans lequel se manifeste le zèle de
l'Iran chiite - car la taqiyya est vraiment une seconde
nature pour le chiisme - à acquérir la
puissance nucléaire tout en insistant sur le
fait que ses motivations sont entièrement pacifiques.
La taqiyya ne se limite pas non plus aux affaires étrangères.
Walid Phares, de la National Defense University, a déploré
que des islamistes formés ici agissent sans aucun
frein sur le sol américain grâce à
leur recours à la taqiyya : « Notre gouvernement
sait-il ce que prêche réellement cette
doctrine et, plus important encore, les autorités
forment-elles notre appareil de défense contre
cette menace masquée qui est parmi nous ? »
[48]. Après le massacre de Fort Hood, où
Nidal Malik Hasan, un Américain musulman qui
avait exhibé de nombreux signes d'islamisme sans
que personne en prenne acte, a tué treize de
ses compagnons d'armes, hommes et femmes, on est forcé
de répondre par la négative.
Voici donc le dilemme : la loi islamique sépare
sans aucune ambiguïté le monde en deux moitiés
en guerre perpétuelle - le monde islamique contre
le non-islamique - et considère que la volonté
d'Allah est que le premier soumette le second. Mais
si la guerre contre les infidèles est une affaire
perpétuelle, si la guerre est le mensonge, et
si les actes sont justifiés par l'intention -
des musulmans en nombre impossible à déterminer
en conclueront tout naturellement qu'Allah leur donne
le droit de mentir, tant qu'ils croient que leur mensonge
sert à aider l'islam « jusqu'à ce
que tout chaos prenne fin et que toute religion appartienne
à Allah » [49]. Qui plus est, ces mensonges
seront considérés comme un moyen au service
d'un but altruiste. Les ouvertures des musulmans à
la paix, au dialogue ou même à des trêves
temporaires doivent être vues sous cet éclairage,
en pensant aux remarques pratiques formulées
il y a plus d'un siècle par le philosophe James
Lorimer : « Tant que l'islam persiste, la réconciliation
de ses adeptes, même avec les juifs et les chrétiens,
et plus encore avec le reste de l'humanité, restera
un problème insoluble » [50].
Pour conclure, si dans le contexte occidental l'alternance
naturelle est entre la guerre et la paix, elle se fait
plutôt dans le cadre de l'islam entre la guerre
et le mensonge. Parce que, du point de vue de l'islam,
les temps de paix - ceux où l'islam est significativement
plus faible que ses adversaires infidèles - sont
des temps de paix simulée et de mensonge, en
un mot, de taqiyya.
Source : How Taqiyya Alters Islam's Rules of War, The
Middle East Quarterly, Winter 2010. Traduction Poste
de veille (Merci à mon traducteur)
___________________________________
[1] Coran 40:28.
[2] Fakhr ad-Din ar-Razi, At-Tafsir al-Kabir (Beirut:
Dar al-Kutub al-'Ilmiya, 2000), vol. 10, p. 98.
[3] Coran 2:195, 4:29.
[4] Paul E. Walker, The Oxford Encyclopedia of Islam
in the Modern World, John Esposito, ed. (New York: Oxford
University Press, 2001), vol. 4, s.v. "Taqiyah,"
pp. 186-7; Ibn Babuyah, A Shi'ite Creed, A. A. A. Fyzee,
trans. (London: n.p., 1942), pp. 110-2; Etan Kohlberg,
"Some Imami-Shi'i Views on Taqiyya," Journal
of the American Oriental Society, 95 (1975): 395-402.
[5] Sami Mukaram, At-Taqiyya fi 'l-Islam (London: Mu'assisat
at-Turath ad-Druzi, 2004), p. 7, author's translation.
[6] Devin Stewart, "Islam in Spain after the Reconquista,"
Emory University, p. 2, accessed Nov. 27, 2009.
[7] See also Quran 2:173, 2:185, 4:29, 16:106, 22:78,
40:28, verses cited by Muslim jurisprudents as legitimating
taqiyya.
[8] Abu Ja'far Muhammad at-Tabari, Jami' al-Bayan 'an
ta'wil ayi'l-Qur'an al-Ma'ruf: Tafsir at-Tabari (Beirut:
Dar Ihya' at-Turath al-'Arabi, 2001), vol. 3, p. 267,
author's translation.
[9] 'Imad ad-Din Isma'il Ibn Kathir, Tafsir al-Qur'an
al-Karim (Beirut: Dar al-Kutub al-'Ilmiya, 2001), vol.
1, p. 350, author's translation.
[10] Mukaram, At-Taqiyya fi 'l-Islam, pp. 30-7.
[11] Imam Muslim, "Kitab al-Birr wa's-Salat, Bab
Tahrim al-Kidhb wa Bayan al-Mubih Minhu," Sahih
Muslim, rev. ed., Abdul Hamid Siddiqi, trans. (New Delhi:
Kitab Bhavan, 2000).
[12] Ahmad Mahmud Karima, Al-Jihad fi'l Islam: Dirasa
Fiqhiya Muqarina (Cairo: Al-Azhar, 2003), p. 304, author's
translation.
[13] Mukaram, At-Taqiyya fi 'l-Islam, p. 32.
[14] Raymond Ibrahim, The Al Qaeda Reader (New York:
Doubleday, 2007), pp. 142-3.
[15] Mukaram, At-Taqiyya fi 'l-Islam, pp. 32-3.
[16] Ibn Ishaq, The Life of Muhammad (Karachi: Oxford
University Press, 1997), pp. 367-8.
[17] Shihab ad-Din Muhammad al-Alusi al-Baghdadi, Ruh
al-Ma'ani fi Tafsir al-Qur'an al-'Azim wa' l-Saba' al-Mithani
(Beirut: Dar al-Kutub al-'Ilmiya, 2001), vol. 2, p.
118, author's translation.
[18] Mukaram, At-Taqiyya fi 'l-Islam, pp. 11-2.
[19] Ibid., pp. 41-2.
[20] Ibn Qayyim, Tafsir, in Abd al-'Aziz bin Nasir
al-Jalil, At-Tarbiya al-Jihadiya fi Daw' al-Kitab wa
's-Sunna (Riyahd: n.p., 2003), pp. 36-43.
[21] Mukaram, At-Taqiyya fi 'l-Islam, p. 20.
[22] Coran 2: 216.
[23] Yahya bin Sharaf ad-Din an-Nawawi, An-Nawawi's
Forty Hadiths, p. 16, accessed Aug. 1, 2009.
[24] John Lyly, Euphues: The Anatomy of Wit (London,
1578), p. 236.
[25] Coran 8:39.
[26] Emile Tyan, The Encyclopedia of Islam (Leiden:
Brill, 1960), vol. 2, s.v. "Djihad," pp. 538-40.
[27] David Bukay, "Peace or Jihad? Abrogation
in Islam," Middle East Quarterly, Fall 2007, pp.
3-11, f.n. 58; David S. Powers, "The Exegetical
Genre nasikh al-Qur'an wa-mansukhuhu," in Approaches
to the History of the Interpretation of the Qur'an,
Andrew Rippin, ed. (Oxford: Clarendon Press, 1988),
pp. 130-1.
[28] Jalil, At-Tarbiya al-Jihadiya fi Daw' al-Kitab
wa ' s-Sunna, p. 7.
[29] Ibn Khaldun, The Muqadimmah. An Introduction to
History, Franz Rosenthal, trans. (New York: Pantheon,
1958), vol. 1, p. 473.
[30] Hugh Kennedy, The Great Arab Conquests (Philadelphia:
Da Capo, 2007), p. 112.
[31] "Saudi Legal Expert Basem Alem: We Have the
Right to Wage Offensive Jihad to Impose Our Way of Life,"
TV Monitor, clip 2108, Middle East Media Research Institute,
trans., Mar. 26, 2009.
[32] "Egyptian Cleric Mahmoud Al-Masri Recommends
Tricking Jews into Becoming Muslims," TV Monitor,
clip 2268, Middle East Media Research Institute, trans.,
Aug. 10, 2009.
[33] Denis MacEoin, "Tactical Hudna and Islamist
Intolerance," Middle East Quarterly, Summer 2008,
pp. 39-48.
[34] Majid Khadduri, War and Peace in the Law of Islam
(Baltimore: The Johns Hopkins Press, 1955), p. 220.
[35] Ahmad Mahmud Karima, Al-Jihad fi'l Islam: Dirasa
Fiqhiya Muqarina, p. 461, author's translation.
[36] Ibid., p. 469.
[37] Muhammad al-Bukhari, "Judgements (Ahkaam),"
Sahih al-Bukhari, book 89, M. Muhsin Khan, trans., accessed
July 22, 2009.
[38] Michael Bonner, Jihad in Islamic History: Doctrines
and Practice (Princeton: Woodstock Publishers, 2006),
p. 148.
[39] Ahmed Akgündüz, "Why Did the Ottoman
Sultans Not Make Hajj (Pilgrimage)?" accessed Nov.
9, 2009.
[40] Ahmad Ibn Naqib al-Misri, Reliance of the Traveller:
A Classic Manual of Islamic Sacred Law (Beltsville:
Amana Publications, 1994), p. 605.
[41] Daniel Pipes, "Lessons from the Prophet Muhammad's
Diplomacy," Middle East Quarterly, Sept. 1999,
pp. 65-72.
[42] Arabinda Acharya, "Training in Terror,"
IDSS Commentaries, Institute of Defence and Strategic
Studies, Nanyang Technological University, Singapore,
May 2, 2003.
[43] "Does hypocrite have a past tense?"
for clip of Osama bin Laden, accessed Aug. 1, 2009.
[44] Ibrahim b. Muhammad al-Shahwan, et al, "Correspondence
with Saudis: How We Can Coexist," AmericanValues.org,
accessed July 28, 2009.
[45] Ibrahim, The Al Qaeda Reader, p. 43.
[46] Steven Emerson, "Osama bin Laden's Special
Operations Man," Journal of Counterterrorism and
Security International, Sept. 1, 1998.
[47] For lists of other infiltrators of U. S. organizations,
see Daniel Pipes, "Islamists Penetrate Western
Security," Mar. 9, 2008.
[48] Walid Phares, "North Carolina: Meet Taqiyya
Jihad," International Analyst Network, July 30,
2009.
[49] Coran 8:39.
[50] James Lorimer, The Institutes of the Law of Nations:
A Treatise of the Jural Relations of Separate Political
Communities (Clark, N.J.: The Lawbook Exchange, Ltd.,
2005), p. 124.
Source: http://www.postedeveille.ca/2010/01/raymond-ibrahim-comment-la-taqiyya-modifie-pour-lislam-les-r%C3%A8gles-de-la-guerre.html