La justice pakistanaise a estimé qu’Asia
Bibi a diffamé le prophète Mahomet il
y a plus d’un an.
Comme en Irak, les chrétiens du Pakistan souffrent
de persécution. Une femme y a même été
condamnée à mort lundi pour avoir blasphémé
le prophète Mahomet, rapportent mercredi les
quotidiens britanniques Telegraph et Christian Today.
Asia Bibi, 37 ans, est chrétienne et mère
de plusieurs enfants. Un jour de juin 2009, alors qu’elle
travaille aux champs en compagnie d’autres femmes,
un incident survient. Selon les correspondants du Telegraph
au Pakistan, on demande à Asia d’aller
chercher de l’eau mais quand celle-ci s’exécute,
les autres femmes refusent de toucher au liquide qu’elles
estiment «impur». S’ensuit une conversation
animée autour de la religion. Alors qu’Asia
est pressée par ses collègues «de
renoncer à sa foi chrétienne et d’embrasser
l’Islam», rapporte Christian Today, elle
répond «avec ses mots à elle»,
précise le Pakistan Christian Post.
«Le Pakistan a franchi une limite»
Asia aurait alors fait l’erreur de risquer une
comparaison entre Jésus et Mahomet. «Qu’a
fait ce dernier pour les hommes quand Jésus s’est
sacrifié pour les péchés des hommes
?», lance-t-elle en substance à ses contradictrices,
selon Christian Today. Les versions des différents
journaux rapportant l’affaire divergent quelque
peu sur la suite des évènements. Quoi
qu’il en soit, il semble qu’après
cette discussion, Asia a été prise à
partie par une foule agressive. Elle se réfugié
alors auprès de la police qui, sous la pression
de la foule, se retourne contre elle en l’arrêtant
pour blasphème.
Depuis plus d’un an, Asia a donc été
maintenue en détention. Jusqu’à
ce jugement du tribunal de Sheikhupura, une ville de
la province du Punjab dans le nord du pays, la condamnant
lundi à la peine capitale. Au Pakistan, les lois
antiblasphème qui existent servent surtout, d’après
les associations chrétiennes, à persécuter
leur communauté estimée à environ
trois millions de personnes.
Aussitôt, plusieurs associations chrétiennes
sont montées au créneau. Le Pakistan Christian
Congress a demandé au président d’intervenir
et appelle à l’abrogation des lois antiblasphème.
«Le Pakistan a franchi une limite», a réagi
Andy Dipper, directeur exécutif de Release International,
qui appelle à la libération d’Asia.
D’après le Pakistan Christian, c’est
en effet la première fois qu’une femme
est condamnée à une telle peine pour ces
faits.
Source : Le
Figaro, 10.11.2010 ;Pakistan
Christian Post, 11.11.2010