Les deux colis suspects interceptés vendredi
dans des avions en provenance du Yémen et à
destination des Etats-Unis, auraient pu exploser en
plein vol, affirment le Royaume-Uni et Dubaï. Depuis
la Maison-Blanche, hier soir, Barack Obama avait annoncé
qu'ils contenaient «apparemment dès explosifs»
et étaient adressés à des lieux
de culte juifs de Chicago.
L'enquête avance et les premières pistes
sont évoquées. Les enquêteurs américains
soupçonnent un Saoudien spécialiste des
explosifs et réputé proche d'al-Qaida
dans la péninsule arabique (Aqpa) : Ibrahim Hassan
al-Asiri, 28 ans, en tête de la liste des personnes
recherchées pour terrorisme par l'Arabie Saoudite.
«Les activités passées de (Ibrahim
Hassan) Al-Asiri font de lui un suspect clé»,
a insisté un responsable anti-terroriste américain.
Le jeune homme, installé au Yémen, est
considéré également comme celui
qui a conçu et réalisé la bombe
à la penthrite, placée dans le slip de
Farouk Abdulmutallab, le jeune Nigérian qui avait
échoué à faire sauter une avion
de ligne près de Detroit en décembre dernier.
Dimanche, le conseiller du président américain
Barack Obama pour l'antiterrorisme, John Brennan, a
indiqué que l'artificier qui a conçu les
colis piégés interceptés vendredi
semble être le «même» que celui
qui a fabriqué la bombe de l'attentat raté
de Noël 2009 sur le vol Amsterdam-Detroit.
Les autorités yéménites, qui
continuaient de traquer des suspects, ont annoncé
dimanche soir la libération d'une étudiante
arrêtée la veille, «suspectée
d'avoir envoyé des bombes dans des colis»
et dont le numéro de portable figurait sur les
bordereaux des paquets.
Quelques heures avant l'arrestation de la jeune femme,
les autorités avaient déjà saisi
26 colis suspects et interpellé des employés
des compagnies de transport aérien et de la division
cargo de l'aéroport international de Sanaa. Les
explosifs saisis provenant du Yémen, Barack Obama
a demandé à ce pays une «coopération
étroite ». Requête à laquelle
le président Ali Abdallah Saleh a immédiatement
répondu : «Le Yémen réitère
son engagement envers la communauté internationale
à lutter contre le terrorisme (…) Mais
nous ne permettrons à personne de s'ingérer
dans nos affaires intérieures et nous combattrons
le terrorisme par nos propres moyens et nos propres
capacités ».
Des engins prêts à exploser
Vendredi, le premier avion a été immobilisé
dans un aéroport du centre de l'Angleterre, près
de Nottingham, après la découverte d'une
cartouche d'encre pour imprimante contenant de la poudre,
des câbles et un circuit électronique.
L'explosif était le même que celui utilisé
dans une précédente attaque venue du Yemen
et revendiquée par al-Qaida dans la Péninsule
arabique (AQPA). Ce qui laisse penser aux enquêteurs
qu'al-Qaida a laissé son empreinte. D'autant
qu'une substance -le penthrite- utilisée le 25
décembre 2009 dans un attentat manqué
contre un avion américain reliant Amsterdam à
Detroit, a été retrouvée dans les
deux colis. Selon le premier ministre britannique David
Cameron, « l'engin aurait du exploser dans l'avion
».
Le deuxième colis suspect a été
intercepté à Dubaï vendredi. Il contenait
un système de mise à feu «portant
l'empreinte d'organisations terroristes comme celle
d'al-Qaida», selon la police de Dubaï. L'engin,
qui a été neutralisé, « a
été préparé de manière
professionnelle et doté d'un circuit électrique
relié à une carte de téléphone
portable cachée dans l'imprimante », a
précisé un communiqué. Selon le
chef de la police, il aurait également pu exploser
dans l'avion. Dimanche, un porte-parole de Qatar Airways
a annoncé que la bombe découverte à
Dubaï avait transité par deux vols passagers
différents: un premier vol Sanaa-Doha, capitale
du Qatar et «hub» de la compagnie, puis
un second vol Doha-Dubaï, destination où
elle a été repérée.
Dimanche, le conseiller du président Barack
Obama pour l'antiterrorisme, John Brennan, a déclaré
qu'il n'y avait «aucune indication qu'il y a encore
d'autres (colis piégés) en circulation».
Barack Obama a confirmé que des soupçons
pesaient contre AQPA. L'organisation, émanation
de la mouvance islamiste dans la région du Golfe,
est devenue une cible prioritaire pour les autorités
américaines. Le président américain
a précisé que les deux colis étaient
adressés à «deux lieux de culte
juif à Chicago». Sans donner plus de détails,
le président a ordonné aux agences de
renseignement et aux forces de l'ordre de prendre des
mesures de sécurité supplémentaires.
Samedi soir, Paris a de son côté annoncé
suspendre le fret aérien en provenance du Yémen.
Sources : Le
Figaro – Vendredi 29 octobre 2010, Le
Parisien – Samedi 30 octobre 2010, Le
Post – Dimanche 31 octobre 2010