Djibo* est en pétard. Mardi à midi, cet
étudiant de l'université de Fribourg est
rentré dans une rage noire en découvrant
que la soupe du jour servie à la cafétéria
à l'Université Miséricorde comportait
de la viande de porc. «On n'a respecté
ni les végétariens, ni les étudiants
de confession musulmane ou juive», s'indigne Djibo.
«J'ai cru rentrer dans un local de l'UDC ou chez
Jean Marie Le Pen où on sert souvent ce genre
de soupe pendant l'hiver.» Il dit réagir
avant tout pour des raisons de sensibilité aux
bons produits. «Quand il fait froid, une bonne
soupe fait du bien. Vu qu'elle était proposée
avec tous les plats, cette soupe au porc n'était
pas un bon choix. » Pour lui, un affiche annonçant
la présence de cochon dans le produit aurait
dû être mise en place.
Le responsable de la cafétéria de l'Uni
saute au plafond: «On est encore en Europe, merde!
Quand je vais dans des pays où on ne mange pas
de porc, je m'adapte.» Il précise qu'un
large choix de plats, végétariens, à
base de viande ou de poissons sont disponibles dans
sa «mensa». «Les musulmans qui mangent
ici me demandent la composition des plats lorsqu'ils
ont un doute sur une éventuelle présence
de porc. Tout se passe d'habitude très bien.
Je ne comprends pas la réaction de ce monsieur.»
En charge du service de 2000 repas par jours, il précise
que telles colères de clients anti-porcs sont
extrêmement rares.
*Prénom fictif
Souce : 20
Minutes, 06.10.2010,