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D’ici à quelques mois, le voile intégral
devrait disparaître du paysage français. Après
plus d’un an de débat, le Sénat a donné
son feu vert au projet de loi interdisant le port de la burqa
et du niqab. Ce texte ne vise pas expressément le voile
intégral, mais «la dissimulation du visage dans
l’espace public». La loi devrait être promulguée
à la mi-octobre, le Conseil constitutionnel ayant un
mois pour valider ce vote. Mais que dit ce texte??
Quand et où?
L’entrée en vigueur de l’interdiction du
port de la burqa (qui dissimule tout le corps) et du niqab (qui
ne laisse qu’une fente pour les yeux) dans l’espace
public est prévue au printemps 2011, après une
période de «pédagogie» et de «médiation»
de six mois. Dès lors, les contrevenantes s’exposeront
à une amende de 150?euros (un peu moins de 200?francs)
et/ou à un stage de citoyenneté rappelant les
valeurs républicaines. Pas question donc de verbaliser
immédiatement les quelque deux mille adeptes du voile
intégral en France, et, surtout, pas systématiquement.
L’ensemble de la voie publique est concerné par
cette prohibition, y compris «les lieux ouverts au public»,
commerces, transports, cafés, ou «affectés
au public», mairies, écoles ou hôpitaux.
Par ailleurs, cette loi sera applicable tant en métropole
qu’outre-mer.
Verbalisée mais pas dévoilée
Les forces de l’ordre ne pourront pas obliger une femme
à se dévoiler. Une personne verbalisée
présentant ses papiers repartira voilée si elle
le désire, mais munie d’un timbre-amende (pour
payer son PV). Le législateur compte sur la répétition
des contraventions pour convaincre les plus récalcitrantes.
En cas de refus de contrôle d’identité, elle
pourra être retenue 4?heures dans un local de police.
Si elle persiste, la contravention deviendra un délit.
Le procureur sera alors en mesure d’ordonner le retrait
du voile, geste que seule une fonctionnaire de police sera en
droit d’exécuter.
Nouveau délit
En revanche, sitôt la loi promulguée, toute personne
obligeant une femme à se voiler répondra du nouveau
délit de «dissimulation forcée du visage».
La sanction? Un an de prison et 30?000?euros d’amende
(quelque 39?000?francs). Ces peines seront doublées si
la victime est mineure.
Quelles exceptions?
Cette interdiction ne concerne pas les cas où le fait
d’apparaître le visage masqué correspond
à une nécessité, comme le port du casque
pour les motards ou le respect de l’anonymat lors d’un
procès par exemple. Pas question non plus de coller les
gens qui se protègent la face pour des raisons de santé
(masque, bandage) ou pour des motifs professionnels (manipulation
de produits toxiques, intervention des forces de l’ordre).
Quand aux fêtards du carnaval, ils pourront continuer
à déambuler dans les rues sans se mettre hors
la loi.
Source : Yannick
Van Der Schueren, La Tribune de Genève – Mercredi
15 septembre 2010
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