Alors que trois mois se sont écoulés
depuis que le peuple Suisse s’est prononcé
pour l’interdiction des minarets par la
majorité imposante de 57,5% des suffrages,
nous vous proposons un petit flash-back sur
cette initiative et les suites après
son acceptation.
Le minaret de Wangen
Dans cette petite localité, la mosquée
du coin avait demandé une autorisation
d’ériger un minaret. Point intéressant
: cette mosquée était proche de
l’organisation turque des Loups Gris dont
le drapeau flottait sur le toit du bâtiment.
Cette organisation islamiste est connue pour
appartenir à l’extrême-droite
turque et avoir étroitement collaboré
avec les nazis. Malgré une pétition
signée par la majorité des résidents
de Wangen, les autorités de cette localité
ont tout de même accordé un permis
de construire à l’association musulmane.
Les citoyens ayant recouru jusqu’au Tribunal
fédéral sans succès, il
était clair que seule une initiative
populaire au niveau fédéral pouvait
permettre de combattre la prolifération
de minarets.
Le lancement et le dépôt
d’une initiative
Après le lancement de cette initiative,
les demandes de constructions de minarets se
multiplièrent.
Une fois les 100'000 signatures nécessaires
déposées, le 8 juillet 2008, (113
540 avaient été validées
le 28 juillet), le Président de la Confédération,
Pascal Couchepin, s’était empressé
de condamner l’initiative en question
et d’affirmer qu’il la combattrait,
ceci avant même que le Conseil fédéral
n’ait pu examiner la question, comme cela
se fait toujours dans de pareils cas, attitude
qui revenait à briser d’une certaine
manière la collégialité.
Le Conseil fédéral finit par suivre
cet avis, annonçant par la suite son
appel au refus de l’initiative en question.
Certains détracteurs de cette initiative
populaire clamaient déjà haut
et fort que celle-ci violait la Constitution
fédérale, ce qui était
bien entendu erroné : la Constitution
fédérale reconnaît la possibilité
de restreindre les libertés fondamentales
qui pourraient être touchées par
cette initiative qui d’ailleurs porte
sur une modification de cette même Constitution
pour lui faire prévoir elle-même
la restriction en cause de manière parfaitement
correcte et harmonieuse en terme de droit constitutionnel.
La question de la compatibilité avec
le Pacte II des Nations Unies et la CEDH ayant
été aussi soulevée (nous
reviendront par la suite sur ce sujet).
Tentative illégale
de censure de la démocratie
Un groupe de 53 parlementaires fédéraux
avait jugé bon de vouloir empêcher
le peuple de se prononcer sur cet objet en déclarant
cette initiative contraire au droit international
impératif. Or, rien ne permettait de
soutenir juridiquement ce raisonnement (ce que
la quasi-unanimité des juristes suisses
confirmaient), en procédant ainsi, les
parlementaires en question violaient donc les
droits politiques du peuple et la Constitution
fédérale de manière flagrante.
Ce groupe ne représentant pas la majorité
des voix, son souhait ne se réalisa pas
et le peuple pu se prononcer, l’Assemblée
fédérale recommanda cependant
à une large majorité le non à
cette initiative.
Censure des affiches
du comité de l’initiative
Lors de la campagne précédant
les votations populaires en vue de l’interdiction
de la construction de minarets sur sol suisse,
les villes de Bâle, Lausanne, Yverdon,
Vevey, Montreux, Nyon, Fribourg et Neuchâtel
ont décidé d’interdire aux
initiants de ce projet de placarder leurs affiches
sur les territoires communaux. L’affiche
en question représentait une femme en
burka en premier plan et un drapeau suisse surmonté
de plusieurs minarets en second plan, Olivier
Français, Municipal à Lausanne
avait clamé haut et fort à la
télévision que l’affiche
n’était pas illégale, mais
que le Conseil qu’il représentait
avait bien décidé de faire un
acte politique en utilisant son pouvoir de censure.
Sondages et scrutin
populaire
Après avoir annoncé dans un premier
temps un oui massif à près de
60%, les sondages virèrent de bord, en
affirmant que seul près de 30% des citoyens
voteraient oui, un pareil changement d’attitude
en six mois semblait peu crédible, il
semblait déjà que les sondages
avaient pu être manipulés pour
des raisons politiques. La tendance au refus
de l’initiative fut affirmée par
les médias durant les semaines précédant
les votations, puis le jour même du scrutin,
surprise, les médias annonçaient
un « possible oui », puis publièrent
des sondages de dernière minute confirmant
la tendance : l’initiative semblait devoir
être acceptée par la majorité
des Suisses. Le verdict final fut on ne peut
plus clair : 57,5% de suffrages favorables et
19,5 cantons sur 23 du même avis.
Echec d’Eurabia
Le scrutin opposa tout l’establishment
à seulement deux parti : l’UDC,
peu mobilisée et ayant très peu
investi de moyens dans cette initiative et l’UDF,
qui malgré son engagement, reste un petit
parti.
Le peuple n’ayant visiblement pas eu
l’occasion d’être manipulé,
s’est prononcé visiblement en toute
sincérité malgré les arguments
de peur qui annonçaient, en cas de oui,
un boycott massif de la Suisse de la part des
pays musulmans, des attentats terroristes et
une dégradation de la situation des otages
suisses retenus en Libye. Le résultat
de ce scrutin a démontré que la
politique eurabienne n’avait pas encore
réussi à faire taire la démocratie
et à manipuler les esprits en faisant
gober au peuple l’équation «
islam = paix » (comme dans le roman de
George Orwell où l’on cherche à
faire gober l’équation 2 +2 = 5).
Les résultats du scrutin suisse poussèrent
l’establishment européen à
affirmer que le peuple suisse aurait fait une
erreur en votant oui (alors qu’il s’agit
d’un choix du souverain). Mais on s’intéressa
aussi à savoir à quel point l’avis
exprimé en Suisse était soutenu
ailleurs. Là, surprise : tous les sondages
effectués permirent d’arriver à
la même conclusion : non seulement tous
les peuples des pays européens partageaient
l’avis des Suisses, mais encore cet avis
était souvent soutenu bien plus massivement
qu’en Suisse.
Réactions en
Suisse
Outre l’organisation de manifestations
de protestation à un scrutin populaire
(chose pourtant très rare en Suisse),
certains, n’acceptant pas ce scrutin si
démocratique fusse-t-il se sentirent
obligés de jouer la provoc en érigeant
après les votations des minarets factices
sur leur toit de leur entreprise ou domicile
ou encore sur la place publique. Ce fut le cas
de Guillaume Morand, propriétaire d’une
chaîne de magasins de chaussures, à
Lausanne et d’une autre personne à
Bussigny qui transforma une cheminée
sur son toit pour lui donner des allures de
minaret.
Autre acte au goût douteux : pour Noël
2009, une crèche très particulière
a été installée dans l’église
du Sacré-Cœur à Bellizona
: celle-ci était accompagnée de
six minarets de 2m de haut et surmontés
d’un croissant islamique sous lesquels
figuraient des versets du Coran mis en parallèle
avec des versets de la Bible
Le « vote de la
peur » ou la démocratie en question
Plus inquiétant fut néanmoins
la question soulevée concernant le droit
démocratique à trancher à
se prononcer sur de tels objets et la légitimité
du vote démocratique dont il était
question. Si de telles contestations de la légitimité
d’un scrutin populaire est généralement
le propre des extrémistes, il semble
étonnant de voir qu’ici les classes
politiques dites modérées s’essayèrent
à l’antidémocratisme du
seul fait que la démocratie avait osé
toucher à l’islam.
Dans ce jeu s’était dessiné
deux tendances : ceux qui attaquaient directement
l’institution de cette démocratie
directe qui permet au peuple de se prononcer
sur un tel sujet et ceux qui, contournant l’attaque
directe des institutions, considéraient
que le peuple avait « mal voté
», qu’il s’agissait d’un
« vote de la peur », mais que cette
peur était basée sur des «
préjugés » et des «
amalgames », donc qu’elle était
irrationnelle et à caractère «
islamophobe ». Dans une telle logique,
il fallait « ré-informer »
les Suisses sur l’islam et « ouvrir
un débat » sur le sujet des minarets
en Suisse. Cette dernière affirmation
peut sembler étonnante, comme le débat
avait déjà amplement eu lieu,
mais démontre bien le fond de la pensée
de ses tenants : le débat n’était
pas allé dans le sens voulu et les Suisses
n’avaient pas voté comme espéré.
En bref : « Vous avez voté, vous
aviez peur, nous savons maintenant que vous
avez peur, nous allons donc vous rassurer pour
que vous changiez d’avis ! »
Pour ceux qui refusaient ce résultat,
deux possibilités s’offraient :
tantôt invalider le vote, tantôt
refaire voter les Suisses.
Pousser les Suisses
à regretter leur vote
Nous avons pu observer que de nombreux médias
se sont engagés en Suisse dans la voie
qui consistait à rabâcher les oreilles
des citoyens pour les faire changer. Voici les
arguments les plus fréquemment observés
et leurs faiblesses :