En Hongrie, où existe une importante communauté
juive, l'extrême-droite antisémite est
une force politique importante: un groupe paramilitaire,
Magyar Garda, et surtout un parti représenté
au Parlement européen, Jobbik, qui rassemble
14 % des voix. Alors qu'approchent les législatives
d'avril 2010, les indices d'une influence iranienne
sur Jobbik s'accumulent.
En 2008 à Budapest, lors de la manifestation
commémorant l'anniversaire du soulèvement
anti-communiste d'octobre 1956, Gabor Vona, le dirigeant
de Jobbik, avait déjà annoncé que
son parti voulait faire surveiller le bon déroulement
du prochain scrutin par des observateurs étrangers,
en l'occurrence iraniens. Mais il semble que les liens
avec l'islam radical soient plus anciens puisque G.
Vona aurait voyagé au Yémen en février
2003 pour participer à une mystérieuse
conférence panarabe et qu'il a, de source certaine,
rencontré en 2007 l'ambassadeur iranien en Hongrie
sous prétexte de renforcer la coopération
entre les deux pays.
L'opération Plomb durci a valu à Jobbik,
et en particulier à sa figure de proue, la députée
européenne Krisztina Morvai, les honneurs du
journal Tehran Times, le 9 mars 2009, après qu'elle
eut dénoncé «les criminels de guerre
israéliens».
Au-delà de Jobbik, d'autres groupes
radicaux d'ultra-droite ont entretenu des liens avec
l'islamisme. Jusqu'en 2003, le régime
irakien finançait ainsi le parti ultranationaliste
et antisémite Magyar Erdek, à hauteur
de près d'un million d'euros. La présidente
du parti, Izabella Kiraly, avait visité l'Irak
au moins deux fois pendant la période d'embargo.
La presse hongroise a également révélé
qu'une version magyare de Mein Kampf était disponible
sur le site négationniste du marocain Ahmed Rami.
Selon le journal hongrois Es, un autre appui musulman
de Jobbik est le site internet anglophone mathaba.net,
qui se distingue en relayant la fable d’un trafic
israélien d’organes à partir de
Haïti. D’orientation pro-libyenne, Mathaba
est dirigé par Istvan Lajos Szondy, un Britannique
d’origine hongroise, converti à l’islam
au début de années quatre-vingt-dix.
Le nombre de Musulmans hongrois, petite trace restante
de la colonisation turque ou émigrants du Moyen-Orient,
est infime: un peu plus de 3000 personnes.
Source: Jean-Yves Camus, Actualité Juive –
vendredi 5 février 2010