INFO FIGARO - Le ministre de l'Intérieur, Brice
Hortefeux, le décrit comme un «individu
dangereux», «prêcheur de haine».
«Priez Allah, pour détruire et écraser
tous les ennemis de l'islam et donner la victoire à
tous les moudjahidins.» Ce fut l'une des dernières
diatribes attribuée à l'imam égyptien
Ali Ibrahim el-Soudany, 36 ans, prêcheur de la
mosquée Hamza, à Pantin (Seine-Saint-Denis).
Le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux,
a ordonné jeudi son expulsion «en urgence».
Le religieux a été mis dans l'avion à
Roissy jeudi, à destination du Caire, sous bonne
escorte. Cette décision s'inscrit dans le contexte
de renforcement des mesures de sécurité
contre le terrorisme, après l'attentat
manqué du vol 253, le 25 décembre
dernier. «Les services spécialisés
avaient identifié cet individu dangereux qui
se livrait depuis plusieurs mois, dans des mosquées
de Seine-Saint-Denis, à des prêches appelant
à la lutte contre l'Occident, méprisant
les valeurs de notre société et incitant
à la violence» , explique Brice Hortefeux.
Selon lui, «depuis 2001, ce sont 129 islamistes,
dont 29 imams ou prédicateurs, qui ont été
expulsés» de France. Et l'hôte de
la Place Beauvau d'ajouter : «La République
respecte la liberté religieuse. Mais les prêcheurs
de haine, qui n'ont rien à voir avec la liberté
religieuse, n'ont pas leur place sur notre territoire.»
Avant Pantin, l'imam el-Soudany prêchait à
la mosquée de la Croix-de-Chavaux, à Montreuil.
Selon la police, il concluait alors ses prières
du soir par une «malédiction contre les
juifs et les Occidentaux». Rapidement évincé
de ce lieu de culte, il parvient ensuite à s'imposer
à la mosquée Hamza. Dans les services
de renseignement, qui l'ont placé sous surveillance
discrète, on décrit sa dérive radicale
avec force détail. L'imam, dit la police, invitait
les fidèles à «continuer à
prêcher le djihad du Coran dans le monde»
. «Que dieu oriente nos flèches»
lâchait-il également. Sa vision du monde
actuel serait à l'avenant, à en croire
les rapports qui l'accablent. La crise ? «C'est
un avertissement d'Allah pour les mécréants»
, aurait-il asséné. On l'aurait aussi
surpris à mettre en garde son auditoire sur le
fait qu'attaquer l'islam, c'est s'en prendre à
1,3 milliard de musulmans et notamment «des jeunes
qui ont le cœur brûlant et qui sont prêts
à donner leur sang» . «Qu'Allah accepte
les martyrs de l'islam dans son vaste paradis»,
aurait encore déclaré ce religieux, marié
et bientôt père d'un enfant, devant les
fidèles. Il aurait aussi prédit l'enfer
pour les mécréants, «ceux qui seront
entourés de feu, ceux qui seront traînés
par leurs intestins, ceux qui mangeront la chair ou
encore ceux qui vomiront de la rouille.»
Le 11 septembre dernier sonne comme l'une de ses dernières
provocations, aux yeux des autorités : «Aujourd'hui,
on est le 11 septembre. Nous leur disons que l'islam
est notre religion, que Mohammed est notre prophète
et que le Coran est le livre de notre djihad. On le
dictera au monde entier» , aurait clamé
l'imam. Ali el-Soudany a été interpellé
le 18 décembre dernier. Placé en rétention,
puis assigné à résidence, il attendait
son expulsion depuis le 19 décembre. Pour l'Intérieur
il a apporté une «légitimation religieuse
à l'action violente et contribuait à poser
les bases nécessaires à la constitution
de groupes à potentiel terroriste.»
Source : Le
Figaro, 07.01.2010