MEMRI Middle East Media Research
Institute
Dépêche spéciale n° 2623
Arabie saoudite : un père marie sa fille de
dix ans à un octogénaire
Des articles sur le phénomène des mariages
d´enfants ont récemment été
publiés dans la presse saoudienne. Ils rappellent
que cette pratique existe depuis les débuts de
l´islam. En Arabie saoudite, pays qui applique
la Charia, les mariages de fillettes sont légaux
car selon la tradition musulmane, le prophète
Mahomet aurait épousé Aïcha quand
celle-ci n´avait que six ans.
En août 2009, un rapport fait savoir qu´une
fillette de dix ans s´est cachée pendant
dix jours chez sa tante, après que son père
l´eut mariée à un homme de quatre-vingt
ans. En réaction au rapport, des chroniqueurs
saoudiens ont écrit que les mariages de petites
filles étaient incompatibles avec les valeurs
islamiques et enfreignaient la Convention 1989 des Nations
Unies sur les Droits de l´Enfant, dont l´Arabie
saoudite est signataire. Extraits :
Une fille de CM2 mariée à un
octogénaire
Le quotidien saoudien Okaz rapporte, le 25 août
2009, que le père d´une fillette de dix
ans est venu chercher cette dernière chez sa
tante, où elle se cachait depuis dix jours, pour
la ramener à son mari qui, selon la famille de
la fillette, est âgé de 80 ans. Dans une
interview d´Okaz, le mari affirme ne pas encore
avoir atteint les 80 ans, accusant la tante de la fillette
de s´ingérer dans sa vie privée
et soulignant que selon la Charia, un mariage est légal
si le père donne son consentement. Il explique
en outre que le père lui avait d´abord
offert sa fille aînée, mais que celle-ci
avait refusé le mariage ; il avait ensuite proposé
la cadette, et l´octogénaire avait accepté,
n´ayant constaté aucun obstacle à
leur union.
Réagissant à l´interview, Matouq
Al-Abdallah, membre de la Commission saoudienne des
Droits de l´Homme, affirme que même si le
pays n´a pas encore déclaré illégaux
les mariages d´enfants, un rapport publié
en février 2009 par le ministère de la
Santé a déterminé que de tels mariages
étaient nocifs pour la santé physique
et mentale des mineurs et dommageables à la société.
Al-Abdallah a en outre fait savoir que les mariages
de mineurs enfreignaient les droits de l´enfant
tels que présentés dans la Convention
des Nations Unies sur les Droits de l´Enfant,
dont l´Arabie saoudite est signataire, qui qualifie
les moins de 18 ans de mineurs. (1)
Un chroniqueur saoudien : les mariages d´enfants
contreviennent aux valeurs islamiques
Khalaf Al-Harbi, chroniqueur saoudien et ancien directeur
du quotidien saoudien Shams, fustige les mariages d´enfants.
Dans un article intitulé "Sauvez les fillettes
qui vont à l´école primaire !"
paru dans le quotidien Okaz, il écrit : "Comment
une fille qui va à l´école primaire
peut-elle avoir été mariée à
un octogénaire sans que personne n´ait
levé le petit doigt pour empêcher cette
catastrophe ? Et comment est-il possible que, alors
même que ce triste épisode fait la une
des journaux, le public y voie une ´affaire privée´
?< o:p>
Dans une interview accordée à Okaz, le
marié nie avoir quatre-vingt ans (…) Il
déclare que selon la Charia, un tel mariage est
permis si le père apporte son consentement (…)
et raconte qu´il était d´abord censé
épouser la fille aînée (…)
Que signifie tout cela ? L´aînée
refuse d´épouser un octogénaire,
alors le père lui offre la prochaine en ligne
(…)
Comment accepter une telle injustice ? Où sont
toutes les héroïnes de la campagne ["Mon
tuteur sait ce qui est bon pour moi"] ? (2) Qu´elles
nous expliquent la différence entre paternité
et vente de légumes [au marché] !
Avant de découvrir ce rapport en première
page d´Okaz, j´essayais de me solidariser
de ceux qui disent que nous sommes dans le collimateur
des organisations des Droits de l´Homme. Toutefois,
après avoir lu cet article, je remercie le Seigneur
de ne pas appartenir à l´une de ces organisations,
car je me serais attaqué à l´Arabie
saoudite avec 60 fois plus de force qu´elles.
Je me serais (…) déchiré les vêtements
et j´aurais couru à travers les rues comme
Tarzan, parce que le monde est devenu une jungle où
un père donne sa fille à un octogénaire,
tandis que la soci été considère
cela comme une affaire familiale privée : ´Je
suis heureuse tant que le père est heureux.´
Ce type de mariage constitue une violation flagrante
de la Convention internationale des Droits de l´Enfant,
dont l´Arabie saoudite est signataire. En outre,
un comité du ministère de la Santé
chargé d´enquêter sur le phénomène
des mariages d´enfants a conclu que ceux-ci engendraient
des problèmes graves, d´ordre physique,
émotionnel et social.
[1] ´Okaz (Arabie saoudite), 25 août 2009.
Voir aussi MEMRI Inquiry and Analysis No. 502, "Rising
Criticism of Child Bride Marria ges in Saudi Arabia,"
8 mars 2009, http://memri.org/bin/articles.cgi?Page=archives&Area=ia&ID=IA50209.
[2] Voir MEMRI Inquiry and Analysis No. 559, "In
Response to Calls to Improve Status of Saudi Women,
Saudi Princess Launches ´My Guardian Knows What´s
Best For Me&a cute; Campaign," 27 octobre 2009,
http://www.memri.org/bin/latestnews.cgi?ID=IA55909
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