Le Conseil constitutionnel a censuré, mercredi
14 octobre, deux articles d'une loi sur le financement
des PME, dont l'un prévoyait une disposition
en faveur de la "finance islamique". Ces dispositions
législatives auraient permis l'émission
en France d'obligations islamiques, dites "sukuk".
Les sages, saisis par le groupe socialiste à
l'Assemblée nationale, ont estimé que
ces deux articles étaient des "cavaliers",
c'est-à-dire qu'ils "étaient sans
lien avec l'objet initial de la proposition de loi qui
tendait à favoriser l'accès au crédit
des petites et moyennes entreprises", a expliqué
le Conseil dans un communiqué. "Il les a
donc déclarés contraires à la Constitution".
Le Parlement avait adopté définitivement
le 17 septembre une proposition de loi de la députée
UMP Chantal Brunel qui proposait de modifier le code
civil pour permettre l'émission, sur la place
de Paris, d'instruments financiers conformes aux principes
de la finance islamique.
Pour contourner l'obstacle posé par le Conseil
constitutionnel, il faudra réintroduire les articles
contestés dans un autre projet de loi directement
en relation avec le dossier, par exemple celui sur la
régulation bancaire.
A la différence des obligations classiques,
les "sukuk" sont adossées à
un actif tangible et ne dégagent aucun intérêt,
les investisseurs recevant des coupons correspondant
à une part des profits dégagés
par l'actif sous-jacent.
Bercy a soutenu cette mesure, estimant qu'elle permettrait
à la France de rattraper son retard sur la Grande-Bretagne.