De
plus en plus de grandes marques victimes de rumeurs et de
campagnes d’opinion cèdent à la pression
et se voient obligées désormais de certifier
que leurs produits sont compatibles avec l’islam,
c’est à dire bel et bien halal.
Tout a commencé il y a deux ans, par une rumeur
insistante : le Coca-Cola contiendrait de l’alcool.
Accusation farfelue mais immédiatement reprise par
les sites musulmans qui en font leurs choux gras à
longueur de forums et d’articles plus ou moins étayés.
Selon la législation française, une boisson
est considérée “sans alcool” lorsqu’elle
en contient moins de 1,2 %. Qu’en est-il alors du
fameux breuvage à la recette secrète ?
Les associations musulmanes et les médias communautaires,
dont le blog Al-Kanz, très en vogue, assaillent Coca-Cola
France de questions et reçoivent une réponse
standard : “Nos boissons sont reconnues comme non
alcoolisées par les autorités gouvernementales
de chaque pays.” Cette réponse ne satisfait
cependant pas les plus intransigeants.

( En juin 2009, des représentants
du site Al Kanz participaient avec Christian Polge, président
de Coca-Cola France, à un dîner-débat
organisé par l’UAM 93, c’est à
dire l’Union des associations musulmanes de la Seine-Saint-Denis).
Après quelques hésitations, la direction
de Coca-Cola France décide de faire appel à
“l’organisme de certification de la mosquée
de Paris”, explique Philippe Marty le porte-parole
de la firme. Celle-ci commande une analyse du Coca par un
laboratoire indépendant. “Ensuite, nous avons
garanti que Coca Cola était parfaitement sans alcool
et donc halal”, détaille le chef de la certification
à la mosquée, Al Sid Cheikh, qui regrette
de voir fleurir “beaucoup d’accusations sans
aucun fondement religieux. C’est plutôt politique.
Mais les sociétés s’inquiètent
pour leur notoriété”.
Appels au boycott sur le Net
Des listes de produits à boycotter circulent sur
le Net, leurs fabricants se voyant accusés de financer
l’État d’Israël… Coca-Cola
en fait partie. “Coca est haram (illicite)”,
peut-on lire sur des forums où les injonctions comme
“Boire Coca revient à encourager la politique
de l’État terroriste d’Israël”,
alternent avec des messages de bon sens, certains s’insurgeant
de voir le Coca haramisé parce que “déclaré
juif”.
Des familles entières “évitent le Coca
par précaution” assure le secrétaire
de l’Union des associations musulmanes de Seine-Saint-Denis
(UAM 93) qui a convié le PDG de Coca France, Christian
Polge, à s’expliquer en juin dernier. L’intéressé
s’est présenté à Drancy, espérant
clore l’incident avec son certificat Halal. Mais il
a dû justifier “la position de Coca-Cola dans
le conflit au Moyen-Orient”. Et cédant à
la dhimmitude, il a rappelé que Coca œuvre à
Ramallah, “où nous sommes l’un des plus
gros employeurs”.
Depuis, les gages donnés par l’entreprise
semblent avoir calmé les rumeurs et l’Union
des Associations Musulmanes assure qu’elle ne prône
pas le boycott mais juste la “transparence sur des
sujets importants pour que les musulmans puissent former
leur jugement”.
D’autres marques subissent elles aussi la pression
communautaire, entre requêtes sérieuses sur
la composition et stigmatisations. Des milliers de SMS ont
accusé en janvier McDonald’s de reverser ses
recettes du jeudi à l’État hébreu
pour acheter des obus (sic !). Masterfood, le fabriquant
des barres chocolatées Snickers et Bounty, a dû
précipitamment démentir l’usage de graisse
animale dans ses produits pour éviter la mise au
ban. Tandis que médicaments, yaourts et cosmétiques
précisent maintenant qu’ils ne contiennent
ni alcool ni gélatine animale pour éviter
la désaffection d’un public chaque jour plus
soucieux de la norme religieuse.

Source : http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2009/08/21/01016-20090821ARTFIG00010-coca-cola-sous-la-pression-d-associations-musulmanes-.php
; http://www.bivouac-id.com/2009/08/21/coca-cola-subit-le-diktat-des-associations-musulmanes/