Les USA ont confirmé qu’ils boycotteront la conférence
de Durban II, il en va de même pour l’Australie. Le Canada
et Israël avaient annoncé leur retrait depuis déjà plusieurs
années. Qu’en est-il de la Suisse à ce jour ?
Micheline Calmy-Rey veut sauver Durban 2 à TOUT
prix
Micheline Calmy-Rey semble tenir à ce que la conférence
se fasse sans remous (elle a dernièrement réitéré son
slogan « le nom de Genève ne doit pas être associé à un
échec »), cette volonté d’éviter des remous pourrait se
concrétiser par l’adoption d’une « politique d’autruche
» , en effet, selon certaines rhumeurs, des sources diplomatiques
concordantes affirment que la Suisse serait prête a accepter
le concept de diffamation des religions « pour sauver
la conférence ».
Les demandes de boycott ignorées
Jeudi dernier, à l’instar de 188 ONG, parmi lesquelles
la LICRA, l’UDC a réclamé un retrait de la Suisse de Durban
II, réclamation que le DFAE a ignoré, confirmant la participation
de la Suisse vendredi passé. Le DFAE a du reste préférer
ne pas donner réponse aux préoccupations du MOSCI qui
lui ont pourtant été communiquées.
Commémorer la Shoah aux côtés d’Ahmadinejad
Mieux encore, la venue du Président iranien Mahmoud Ahmadinejad
(aujourd’hui (dimanche 19.04.2009)) sera l’occasion d’une
poignée de main avec le Conseiller d’Etat genevois, Laurent
Moutinot, et d’une rencontre entre le président iranien
et son homologue suisse, Hans Rudolf Merz.
Une rencontre qui contribue à tendre les relations diplomatiques
Suisse-Israël d’autant plus qu’Ahmadinejad aura l’occasion
de donner un discours le jour même de la commémoration
de la Shoah dont il nie toujours la vérité historique
et s’apprête joyeusement à reproduire, annonçant qu’Israël
sera prochainement rayé de la carte alors qu’il s’évertue
à mettre au point l’arme nucléaire. Le choix de ce jour
pour son discours n’est pas anodin.
L’arnaque des « lignes rouges »
La Suisse avait prétendu, comme l’UE, établir des limites
à ne pas franchir. Ce sont les fameuses « lignes rouges
» qui étaient deux conditions de la participation de la
Suisse : que de nouveaux outils de droit international
ne soient pas créés (ce qui revient à jouer avec les mots,
voir communiqué de presse du MOSCI du 31.03.2009) et qu’aucun
Etat ne soit fustigé en particulier. Il va sans dire que
ces lignes rouges n’ont toujours été qu’un leurre dont
l’objectif était de rassurer les citoyens pour pouvoir
préparer plus tranquillement les obsèques de leurs libertés
et faire des courbettes devant les dictatures et les pays
de l’OCI. De toute manière, pourquoi les Etats qui prétendent
faire respecter à présent des lignes rouges alors qu’ils
n’ont fait que concéder des compromis ? Il y a là quelque
chose qui ne colle pas.
L’hypocrisie du nouveau texte
Dans la version remaniée du projet, avaient été supprimés
les points fustigeant Israël et ceux relatifs à la diffamation
des religions. La suppression de ces points du texte n’empêchait
en soi pas de faire des renvois à la déclaration de Durban
de 2001 et à d’autres résolutions qui mentionnaient ces
points problématiques : fondamentalement, la situation
demeurait la même, la seule différence était que cette
situation était à présent dissimulée. Le projet final
adopté vendredi n’a sur ce point pas changé.
L’hypocrisie de ce texte d’apparence plus consensuel
est encore confirmée par le fait que le Conseil des Droits
de l’Homme, dans le cadre du suivi du programme d’action
de Durban a adopté entre-deux, deux résolutions : l’une
(Résolution A/HRC/10/L.6, du 20 mars 2009) fustigeant directement
Israël dans sa politique, l’autre (Résolution A/HRC/10/L.2/Rev.1, du 26 mars 2009) approuvant
le concept de diffamation des religions.
Les lignes rouges sont donc largement dépassées si on
examine non le texte seul, mais aussi ses renvois ainsi
que le contexte général des négociations qui s’y rapportent.
La Suisse n’a donc aucune raison de participer à Durban
2 si elle respecte vraiment les conditions qu’elle a émise
Le MOSCI condamne avec fermeté la participation de la
Suisse à la Conférence de Durban 2 qui est un acte de
soumission et de dhimmitude envers les dictatures et l’OCI.
Si Genève n’est pas associé à un échec, Genève sera associé
à la capitulation de la démocratie et des droits de l’homme
devant les dictatures et l’islam. Si ceci est du goût
du DFAE, la majorité des Suisses auront très probablement
une autre opinion.